Billet | Au fil des heures…

Ce matin encore, je me suis réveillée au son de sirènes stridentes. Elles étaient au loin, mais m’ont tétanisée… Et comme hier, les premières heures de ce samedi ont suscité chez moi colère et désespérance…

Colère et désespérance devant l’indiscipline, l’incivisme, des Mauriciens. Les consignes, appelant la veille à un confinement strict, m’ont paru vaines devant les images reçues par WhatsApp ou vue sur FB de nos compatriotes on the road, business as usual !

C’est vrai, nous avons derrière nous des années et des années d’incivilité, de je-m’en-foutisme des consignes pour n’en faire qu’à notre tête.  La météo émet une classe 3 et il s’en trouve des inconscients qui, bravant l’intempérie, se donnent rendez-vous à la plage pour admirer les vagues… Nous nous sommes déshabitués de tout ce qu’une grande catastrophe peut charrier comme désastre sur son passage… Nous nous croyons invulnérables, le malheur étant toujours pour l’autre…

J’ai souhaité ce matin un durcissement de ton des autorités, ainsi qu’un passage à l’acte musclé, voir un couvre-feu. J’espère qu’il viendra vite maintenant qu’il y a mort d’homme. Et que nous nous rendons davantage compte – du moins pour les moins je-m’en-foutistes d’entre nous – que nous sommes maintenant in deep shit

 Tout simplement parce que des milliers et des milliers de porteurs sains se baladent aux quatre coins de l’ile, qu’ils sont de potentielles bombes explosives et que les retracer tous relève de l’impossible… Tout simplement parce que faire appel à la raison des Mauriciens ne fonctionne pas comme il le faudrait…

Quand je relis ces quelques heures, je retiens mon coup d’humeur de mercredi dernier par rapport à WhatsApp. Par rapport à ces gens qui vous inscrivent à un groupe sans votre permission et qui fait que par jour, vous recevez plus d’une vingtaine de messages. Je disais ainsi à une amie à quel point on devenait esclave de ce média et des réseaux sociaux, dérangée par une multitude de messages parfois d’une banalité affligeante…

Pourtant, hier et aujourd’hui, mon lien avec le monde extérieur était bien ce dont j’avais cloué au pilori. Respectueuse du confinement et restreinte à la centaine de toises de ma cour, le téléphone m’a permis d’encourager ceux que j’aime, de toucher un mot de solidarité à un infirmer, d’accueillir le sentiment de désarroi de cette maman, amie, qui ne peut manifester physiquement son amour à son fils car il travaille dans un secteur à risque, de parler à cette grande tante à l’étranger et que j’avais quelque peu « négligée » ces derniers temps, de voir mes parents que je ne visite plus par mesure de précaution, de me sentir aimée par l’attention des uns et des autres…

Après un peu de 36 heures de confinement, j’en suis à un étrange constat…  Le prix de notre vie se paie aujourd’hui par le social distancing… Curieux le pouvoir de ce minuscule virus… Il bouscule des siècles d’habitudes sociales… Fait trembler des économies… Monopolise l’attention de tous les grands de la planète… Comme un grain de sable dans notre routine de vie bien huilée…

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