Confinement | Covid ou pas, en communion malgré tout

La messe de ce dimanche 22 mars a été particulièrement atypique dans les paroisses. Bien que ce fût le dimanche dit de Lætare (de la joie), pour certains prêtres, vivre l’eucharistie en confinement était bizarre… voire triste. Si certains ont pu retransmettre la messe à l’aide des réseaux sociaux, d’autres l’ont célébrée seuls, sans leurs paroissiens.

Le père Emmanuel Boyon (paroisse de Notre-Dame de la Salette) : 
« J’étais habité par deux sentiments : quelque chose d’étrange dans le fait de célébrer une messe du dimanche hors de l’église et sans les paroissiens, et une grande joie de savoir qu’on était rassemblé autour du Christ au même moment. Les progrès de la technologie nous ont fait nous mettre ensemble, tournés vers Dieu, au même moment. C’est vrai que c’est étrange de ne pas avoir de paroissiens, de chorale ou même de rencontres dans la sacristie avec les servants d’autel. Mais en revanche, le fait de savoir que nous étions ensemble m’apporte de la joie. Ce qui m’émeut, c’est qu’on a proposé aux paroissiens d’écrire et de nous envoyer leurs intentions pour la prière universelle. Nous les portons encore dans la prière aujourd’hui. Je sens qu’on a vécu autre chose, une communion spirituelle. » 

Le père Jean-Max Coowar (paroisse Saint-Sauveur, Bambous) :
« Je n’ai pas fait de messe sur Facebook, mais je reste en contact avec mes paroissiens via WhatsApp. Dimanche je n’ai pas célébré la messe, mais j’ai pris un bon temps de prière car je n’aime pas célébrer la messe seul.
Mais effectivement, le manque s’est déjà installé. Chaque dimanche, nous sommes avec la communauté paroissiale, et pendant le Carême, on vit des choses en communauté. Ces moments sont durs pour moi actuellement. L’eucharistie, surtout l’eucharistie dominicale, est importante et je ressens ce manque. Je reste toutefois disponible pour mes paroissiens afin de les aider en les accompagnant et en les écoutant durant ce temps de confinement. Heureusement qu’ici, je ne suis pas seul. Avec le père Durhône, nous essayons d’occuper nos journées. » 

Le père Jacques-Henri David (Cathédrale de Port-Louis) :
« J’ai célébré la messe samedi et dimanche sur WhatsApp et j’ai invité un groupe pour ne pas dire la messe seul. On a voulu mettre la celebration sur YouTube, mais on n’a pas réussi. Le reste du temps, je travaille et je m’occupe aussi. Je reste en contact avec les autres paroissiens. Le fait de ne pas avoir son peuple devant soi est terrible. Je sais qu’ils sont de tout cœur avec nous.
Mon appel, à présent, est de les conduire dans cette communion. Je sens que les gens ont besoin de parler et de partager, c’est pour cela que nous restons en communion et en communication. » 

Le père Michel Moura (paroisse Saint-Esprit, Bel-Air) :
« C’était triste surtout que chez nous, il devait y avoir les 40 Heures à Trou- d’Eau-Douce, Beau-Champ et Quatre-Sœurs. Du coup, tout ce qu’on avait préparé est tombé à l’eau. J’ai la chance de ne pas être seul et d’avoir un confrère avec moi. Du coup, on a célébré la messe à deux. C’est la première fois que ça m’arrive depuis que je suis prêtre. C’était malgré tout un moment fort. On reste en contact avec les paroissiens, on prend des nouvelles. Ils se soucient de nous. Ils veulent savoir si nous arrivons à nous en sortir. Il y a une solidarité. et une grande communion, même si on ne peut pas se voir. » 

AR

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