Opinion | Ne cédons pas à la panique !

Avons-nous frôlé des actes de vandalismes hier après l’annonce du PM de fermer supermarchés, boutiques et boulangeries ? Ceux qui ont écrit le message appelant à des actes de vandalisme étaient-ils sérieux ou de simples plaisantins ?… Mais ajouter aux commentaires acerbes, au flot de critiques,
à l’exercice de chasse aux sorcières auquel se sont livrés les internautes,
il y avait de quoi semer la panique… Sur la Toile du moins !

C’est vrai, l’annonce du Premier ministre sur la chaîne de télévision nationale
a eu l’effet d’une bombe. Lourde décision que de fermer boutiques, supermarchés et boulangeries pour 7 jours. Mais au fait, les supermarchés ne devaient-ils pas ne pas opérer aujourd’hui, jour férié, de même que le dimanche ? Et les boutiques et tabagies, bon nombre n’avaient-elles pas déjà cessé d’ouvrir leurs portes ? Du coup, à l’exception des boulangeries
qui travaillaient plus ou moins normalement, cette mesure touche donc particulièrement les supermarchés sur 5 jours.

Ce constat ne diminue en rien la situation dramatique dans laquelle vont se retrouver beaucoup de familles mauriciennes. Celles qui attendaient de recevoir leur salaire pour faire des achats. Celles qui, respectant les consignes des autorités, ont acheté raisonnablement et qui risquent aujourd’hui de se retrouver en manque de nourriture. Et puis, il y celles qui disposant de peu ou de pas de moyens, galérant depuis 6 jours déjà pour se nourrir, parce qu’elles n’ont pas ou peu de revenus.

Aujourd’hui, il en va de la responsabilité des autorités de veiller à ce qu’aucun Mauricien ne dorme le ventre vide à la suite de ces mesures drastiques. L’annonce a été faite hier que des mesures seront prises en ce sens. Il faudra désormais agir rapidement. Et s’il fallait trouver un point positif dans tout ce chamboulement, c’est qu’au moins en nourrissant le peuple, même ceux qui n’avaient pas les moyens d’aller au supermarché pourraient avoir quelque chose à se mettre sous la dent si jamais le gouvernement optait pour les colis alimentaires ou une formule de ce genre.

Dans un autre registre, il est important de se rappeler, nous internautes chroniques, notre responsabilité de citoyens, même quand on est entre les quatre murs de notre maison. L’internet, les réseaux sociaux, sont des fenêtres sur le monde et les quelques mots – parfois irréfléchis – pianotés sur son clavier peuvent toucher des centaines de personnes. Ces mots ainsi livrés peuvent être sujet à diverses interprétations, en fonction des lunettes que porte le lecteur.

Sans compter ceux qui sont avides de récupérer toute tension, toute divergence, pour en faire un capital politiques et autre. Tapis dans l’ombre il y a des gens – et pas uniquement des politiciens – pour qui toute frustration, tout désordre, peut être une manne.

De grâce donc, en cette période de confinement, de tension, soyons vigilants. Demandons-nous à quoi sert un post style « Émeutes à Maurice », alors que les gens ont déjà peur. Demandons-nous en quoi cela est-il utile de partager des documents audio de personnes appelant à « kas partou », alors que c’est incontestablement la pire chose qui puisse nous arriver en cette période.

Au contraire, même de chez nous, nous avons un rôle à jouer. Celui d’agir
en pompiers, face aux pyromanes et aux irréfléchis. Il en va de notre devoir
de citoyen, de croyant, d’humain. Dans le respect, rappelons ainsi à chacun
sa responsabilité afin que le couvre-feu, un temps déjà très éprouvant, se passe pour le mieux.

Car n’oublions pas : nous sommes aujourd’hui plus que jamais, tous dans le même bateau. Si le Covid-19 venait à devenir incontrôlable à Maurice, je serai tout aussi à risque que vous, que le voisin, que les décideurs… Si le pays devait gérer un soulèvement social en plein Covid-19, je vous laisse imaginer le scénario catastrophe. Personne n’en sortira idemne !

On pourrait disserter sur les mesures prises par le gouvernement, sur l’intervention du Premier ministre hier, sur l’ingéniosité de sa communication, sur le bon sens de cette mesure, mais ne nous l’imitons pas qu’à cela.
Le temps viendra où on pourra faire la relecture de ces jours difficiles que vit le pays. Aujourd’hui toutefois, n’agissons pas en assistés ! Prenons nos responsabilités. Contribuons à maintenir le calme. Respectons les consignes pour lutter contre la propagation du virus.

Et prions que Dieu inspire nos décideurs pour qu’ils prennent les meilleures décisions pour le bien commun.

Martine Lajoie

Assistante Rédactrice en Chef

La Vie Catholique

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