Messe du Travail | Le père Labour : « Passer d’une solidarité de peur à une solidarité de décision »

Que la solidarité source dans ce temps de désert ». Ce souhait du Cardinal Piat a été, en ce 1er mai, le fil conducteur de la messe du Travail, aussi fête de saint Joseph.

Concélébrée par l’évêque de Port-Louis et le père Jean-Maurice Labour, en la cathédrale Saint-Louis, cette célébration était l’occasion de se laisser inspirer par l’exemple de Joseph. Joseph ne comprend pas ce qui lui arrive – la grossesse de Marie hors mariage, papa d’un Dieu qui s’engage avec l’humanité… –, mais il fait confiance. Il accepte d’être instrument de Dieu.

« Nou osi nou pa pe tro konpran seki pe arive, kot Bondie ete », dira le père Labour dans son l’homélie. Me dousman-dousman Bondie ouver nou lizie. Il participe avec nous à la construction d’un monde qui passe par les douleurs de l’enfantement. Un monde de conversion. Un monde de transformation.

Avec le Covid-19, plus que jamais, l’humanité se retrouve solidaire. Solidaire dans la peur. Mais aujourd’hui, Dieu nous invite à passer d’une solidarité de peur à une solidarité de décision, réfléchie et organisée. Et pour ce faire, le père Labour en a mis de l’avant trois types.

La solidarité lor koltar . La solidarité simple de tous les jours, de proximité. Ici, le père Labour a fait état de plusieurs exemples : échange de manioc et de brède mourong entre voisins qui vivaient jusque-là dans l’indifférence. « Il y a une solidarité à la base à inventer et au lieu de se plaindre et attendre des autorités ».

La solidarité des entreprises au niveau de l’emploi. S’il est vrai que la pandémie a grandement mis en danger la sécurité de l’emploi, tous ne sont toutefois, pas logés à la même enseigne. « Ena enn kategori ki kapav dormi trankil : fonksyoner, bankie, finansye, minis, pret…Li byen diferan pou bann ki ena ennanply preker, bann self-employed ki pa konn zot landemin. Eski ban fonksyoner pou ekziz zot PRB a tou pri ? Eski nou pou aksepte gagn moins pou ki nou kamarad gagn le minimum ? »

La solidarité des décideurs économiques et politiques. Si le père Labour dit son appréciation du soutien de l’Etat aux entreprises en ces temps difficiles, il invite aussi à ce que cette solidarité soit attachée à des conditions sociales. Qu’en sera-t-il ainsi de l’actionnariat ? Revendiquera-t-il ses dividendes ou jouera-t-il la solidarité ? « Eski zot pou aksepte ser seintir zot osi ? »

Autre proposition, celle-là dirigée vers les décideurs politiques : comment insérer les quelque 20 000 familles en grande difficulté et qui ne se retrouvent pas sur le Social Register of Mauritius ? Une réalité mise à jour par l’action multidirectionnelle de la Caritas diocésaine.

« Dieu vient partager nos difficultés. Me li pa tourn paz en sel kou. Il plonge dans nos peurs et nos combats, pour nous mener à la Résurrection », dira encore le père Labour. Ce, en terminant sur le fait qu’un chrétien n’a pas peur, parce que Dieu est avec lui.

Cette célébration a vu la participation a distance des diverses structures du monde ouvrier. Entre autres, introduction à l’homélie par le jeune Lincoln de l’Action catholique de l’Enfance (ACE) et prières universelles des membres de la Ligue ouvrière d’action catholique (LOAC) et du Groupement féminin ouvrier (GFO).

Cédit photo: youtube Capav

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