Journée internationale des familles | Réflexions autour et au-delà du 15 Mai …

Le 15 mai dernier, les Nations-Unies marquaient la Journée internationale des familles ; l’occasion pour faire un état des lieux de cette cellule de base de la société, identifiant ses forces aussi bien que ses menaces, tout en mettant en exergue les solutions et opportunités. Toutefois, c’est un exercice qui nous devrions faire en permanence. Car, c’est au sein de la famille que l’éducation, la protection et la procréation se font de manière générale. 

L’ile Maurice compte un peu plus de 360 000 foyers, avec une moyenne 3.4 personnes par unité. Nos familles font face à plusieurs menaces, dont la toxicomanie, le manque de dialogue, les clivages générationnelles, la violence, la pauvreté et autres taux de divorces et séparations.

Le soussigné propose de réfléchir autour de ce thème de la famille en commençant par un premier partage autour de deux de ces fléaux .

Alcoolisme et toxicomanie

Une moyenne de 56millions de litres d’alcool est consommée tous les ans à Maurice. C’est un produit, certes légal, dont l’abus peut faire beaucoup de mal à nos familles. La violence au sein de nos familles, y compris celle à laquelle elles font face sur la route, a souvent pour toile de fonds, l’abus d’alcool .

De plus, la bouteille pèse lourd dans le budget familial, représentant, avec la cigarette, 11% de celui-ci. En termes de comparaison, la famille, consacre seulement 3.8 % à sa santé et 5% à son éducation*.

Il convient donc de sensibiliser davantage sur l’impact de l’alcoolisme sur les familles. Les victimes méritent d’être accompagnées par des professionnels. La banalisation de la consommation d’alcool ne peut qu’envenimer la situation de nos familles et de la société.

La toxicomanie continue à détruire nos familles malgré les efforts des autorités. Selon le rapport de la dernière commission d’enquête sur la drogue, le nombre d’utilisateurs de drogues intraveineuses s’élèverait à 20 000**. Quant à la drogue synthétique, elle aurait fait 6 morts entre le 1er janvier et le 16 janvier 2020, aux dires du travailleur social Ally Lazer.

La drogue guette toute les familles. Nombreuses sont celles qui en souffrent en silence et qui font soigner leurs victimes, discrètement, dans les cliniques et institutions privées.  Ne pas en prendre conscience pourrait créer l’impression, erronée, qu’elle ne touche que les familles défavorisées, même si elles sont les plus vulnérables.

En dehors des recommandations du rapport de la commission d’enquête sur la drogue, dont un certain nombre a été mis en application, il convient aux familles d’exercer beaucoup de vigilance mutuelle entre leurs membres. Le dialogue est primordial et tout changement de comportement doit être pris au sérieux.

Il est primordial que les enfants soient avertis des dangers de la drogue par leurs parents ou autres membres de la famille. Et lorsque ces derniers ne sont pas en mesure de le faire, il appartient à la grande famille sociale de le faire. Car, comme dirait ce proverbe africain « Nous avons besoin d’ un village pour grandir un enfant ».

Violence domestique

Selon un rapport du Center for disease control and prevention, datant de 2016, « près de 18,4% de femmes et 7,5% d’hommes seraient victimes » de violence domestique sous toutes ses formes – physiques, psychologiques et autres sexuelles. En 2018, le nombre de cas de violence au sein des foyers officiellement enregistrés s’élevait à 5,565.***

Cette violence domestique fragilise la sante physique, psychologique et économique de la famille et, par extension celle de la société. Par exemple, lorsqu’une victime est blessée, elle doit encourir les frais du traitement, s’absente au travail et devient une source d’inquiétudes pour ses proches .

Pour enrayer ce fléau qui touche de nombreuses familles mauriciennes, il serait souhaitable d’accentuer davantage sur la prévention, l’éducation des futurs mariés avec des cours de préparation au mariage, les valeurs familiales et autres encadrements légaux dissuasifs.

Conclusion

Les deux menaces ci-dessus évoquées méritent notre attention la plus sérieuse. Il faut en discuter continuellement au sein de nos familles et de nos diérèse institutions. La banalisation de la consommation d’alcool et de drogues doit être évitée. Ce sont des substances nocives à plusieurs niveaux et nous ne pouvons les intégrer au sein de nos familles comme des alliées exclusivement récréatives. Le support et la participation des autorités doivent être recherchés dans le combat contre ces ennemis de la famille,

Alain Jeannot

Sources

* Development, Ministry of finance and economic. STATISTICS MAURITIUS Houesehold Budget Survey 2017and updated consumer price index Methodolical report . 2018.

**. Mauritius, Republic of. The commission of inquiry on drug trafficking report. 2018.

***. Mauritius, Republic of. Gender Statistics 2018. 2018.

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