Manifestation citoyenne|Pour l’avenir de mon pays

Incompétence, manque de transparence, népotisme ou atteinte aux valeurs de la démocratie. Voilà quelques raisons qui ont motivé des citoyens à se joindre à une manifestation pacifique organisée par l’activiste social, Bruneau Laurette, ce samedi 29 août dans les rues de Port-Louis. Outre la participation des citoyens, cette marche a aussi vu défiler des politiciens de différents bords. La Vie Catholique a rencontré quelques manifestants.

Aujourd’hui, sur le parvis de la cathédrale Saint-Louis, des mauriciens de tous bords social et politique étaient venus manifester pour le pays.  Si une manifestation citoyenne n’a pas le même effet que les urnes silencieuses, elle permet de mettre en avant les différents problèmes qui touchent le pays. 

« Malgré le drame du Wakashio, on s’entête à construire un Petroleum Hub à Maurice. On court le risque d’autres marées noires dans le pays. On ne peut pas viser une île plus écologique avec des tels projets » ; confie Tony Ah Yu du Kolektif Ekolozik Albion. Autre sujet largement mentionné lors de cette manifestation : les squatteurs dont les maisons ont été détruites ou encore la situation des entrepreneurs.

Outre ceux présents pour un combat précis il y avait aussi les « anonymes ». Ces citoyens déçus par la gestion du pays. Certains au point de réclamer un changement profond quant à la manière de diriger le pays. « Je voudrais dire aux jeunes de ne pas abandonner leur pays. C’est vrai que cette génération a commis des erreurs, mais cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas changer l’avenir », lance Yohann, un manifestant. Il a fait le choix d’être présent, pancarte en main, avec des amis, pour réclamer de la transparence quant à la gestion de cette crise écologique causée par le Wakashio. 

D’ailleurs, il n’est pas le seul à s’exprimer en ce sens. Kelly, fille d’enn ex-tirer disab, est venue en famille pour soutenir ceux affligés par ce drame écologique. « Zordi morisien bizin repran seki pou li. So later, so lamer ek so pei. Mo in vine ar mo fami akoz nou konsian ki pe pase. In ler pou dir zot ki nou konsian ek pa kapav fer seki anvi dan nou pei ». Plus loin, Aurélie, avec sa nièce dans les bras, manifeste pour un changement dans le pays. Si elle confie avoir eu des craintes concernant des rumeurs de violences avant la manifestation, elle avoue toutefois avoir voulu faire ce déplacement. En solidarité avec les Mahébourgeois, mais aussi pour lancer un message fort à sa nièce, « to bizin fight pou to pei».

Dans son introduction lors de la fête St-Louis, le mardi 25 août dernier, le cardinal Piat avait parlé de la contribution de la société civile pour la construction du pays. « Ce n’est qu’en nous écoutant mutuellement que nous pourrons surmonter ces crises et construire ensemble le bien commun de notre pays », avait-t-il rappelé. Lors de cette même messe, le père Goupille avait déclaré que des crises peuvent apporter des élans de solidarité et de fraternité, mais aussi créer de la division dans le pays.

Quoi qu’il en soit, la Capitale a assisté aujourd’hui à un défilé de citoyens qui désirent un changement profond au sein de la société mauricienne. Est-ce que ce même élan patriotique sera présent le 12 Septembre à Mahébourg ?

Yanick Bazile

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