Éditorial de Danièle Babooram du vendredi 11 juin

Éditorial de Danièle Babooram du vendredi 11 juin

SAJ, une page d’histoire tournée

Il s’en est allé jeudi le 3 juin, suscitant une grande tristesse et beaucoup de reconnaissance chez les uns, et un déferlement de haine chez d’autres, qui s’en sont donné à cœur joie sur les réseaux sociaux. Fondateur du Mouvement socialiste mauricien (MSM), Premier ministre maintes fois et ancien président de la République, Sir Anerood Jugnauth est arrivé au pouvoir comme un homme providentiel, après des décennies de règne d’un Parti travailliste qui s’essoufflait.

Le pays était aux abois, le chômage battait son plein et les défis nombreux. Sir Anerood et son équipe se sont mis au travail et le résultat s’est fait sentir dans bien des foyers mauriciens. Ce, grâce à l’industrialisation massive, le coup de fouet à la zone franche et au tourisme, l’achat à tempérament qui a permis à de nombreuses familles une aisance de vie, l’ouverture de la bourse… L’homme, comme tout être humain, avait certainement ses travers, ses faiblesses… Dont un franc-parler, teinté de vulgarité, qui a écorné bien des oreilles et blessé certaines franges de la population.

La dérive de son parti qui semble avoir jeté aux oubliettes ses qualificatifs de « socialiste » et « militant ». La passation de pouvoir père-fils à la tête de l’État… Mais envers et contre tout, le bonhomme était aimé ; en témoignent ces foules aux abords de nos routes samedi dernier. Et peut-être que tout ce qui a pu se dire et s’écrire ces derniers jours et ce, sans une once d’empathie, de compassion pour un mort, découle grandement de l’amalgame entre l’homme politique qu’était Sir Anerood, nos rêves brisés par rapport à la politique et aux hommes qui l’incarnent, et là où est rendu aujourd’hui le parti qu’il a créé et porté des années durant.

Demain, avec le recul, les passions décantées, les émotions moins à vif dans un sens comme dans l’autre, la vie, la carrière politique et tout ce que les Mauriciens et notre pays doivent à Sir Anerood, s’écriront avec davantage de justesse. Sans excès ni complaisance. Sans acrimonie ni aigreur. Le temps a toujours fait œuvre utile et il en sera toujours ainsi…

Danièle Babooram
daniele.v.c@intnet.mu

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