Discrimination : le rapport de Affirmative Action public

Discrimination : le rapport de Affirmative Action public

Affirmative Action a présenté son deuxième contre-rapport lors d’une conférence de presse, hier, vendredi 16 juillet. José Moirt a rédigé et présenté le document. Il a été soumis au comité sur l’élimination de la discrimination raciale (CEDR) de l’Organisation des Nations-Unies (ONU), en mai. Le gouvernement, quant à lui, aurait soumis le sien en juin dernier.

Ce rapport est un exercice qui se fait tous les deux ans. Pour rappel, Affirmative Action avait publié son premier contre-rapport en 2018, quelques temps après avoir fondé le mouvement. Le document avait ensuite été présenté à Genève.

Le gouvernement de Maurice avait également un rapport à soumettre au comité de l’ONU. Ce rapport se focalisait sur le progrès, les actions et mesures à prendre, de 2018 à 2020, pour gérer le problème de discrimination raciale. Force est de constater que le gouvernement n’aurait pas implémenté plusieurs des recommandations, selon José Moirt.

Perturber « l’unité nationale »

Attirant l’attention sur quelques points du rapport soumis par le gouvernement, il soulève qu’un comité ministériel composé de sept ministres a examiné les 26 recommandations de l’ONU. Le comité a conclu qu’une dizaine de ses recommandations de l’ONU ne sera pas implémentée à Maurice. Les raisons avancées : les données n’existent pas et cela risque de perturber « l’unité nationale ». Notamment sur les cas de discriminations envers les descendants d’Africains, la question de la langue créole ou encore les données représentatives de la population mauricienne et de comment chaque communauté est représentée dans différentes institutions du pays.

Par conséquent, ces points ne figurent pas sur le rapport 2021 du gouvernement à l’ONU. « C’est le jour et la nuit entre ce qui se passe concrètement dans le pays et au niveau international et la direction que veut prendre le gouvernement dans le combat contre la discrimination », déplore José Moirt.

‘Unwritten rule’ mis en lumière

Quant au rapport d’Affirmative Action, il vient mettre en lumière le racisme institutionnalisé. José Moirt y explique le fonctionnement du système électoral mauricien et comment celui-ci n’est « qu’une illusion de la démocratie parce que le système vient assurer le contrôle du pays par une communauté majoritaire. Peu importe pour qui on vote, il y aura le ‘unwritten rule’, une loi qui met en avant le communalisme scientifique ».

Pour lui, le problème institutionnel dépasse le Best Loser System et que le vrai mal est au cœur de la délimitation des circonscriptions. D’ailleurs pour corriger ce mal, il y vient de l’Electoral Boundaries Commission de revoir les circonscriptions en fonction du nombre d’habitants et pas des communautés présentes.

La balle est dans le camp des politiciens

« Le racisme à Maurice n’est pas systémique mais institutionnel. Le but de notre contre-rapport est de dénoncer le système et pas les communautés », souligne José Moirt.

Le père Gérard Mongelard était aussi présent à la conférence de presse. Il, a, pour sa part, voulu rappeler comment Affirmative Action est né et où se positionne-t-il aujourd’hui. Pour ce dernier, la lutte continue. Ce rapport permet d’ouvrir les yeux sur la situation des communautés dites minoritaires, surtout les descendants d’esclave.

Pour les membres d’Affirmative Action, la balle est dans le camp des politiciens pour faire bouger les choses.

Nous y reviendrons dans le prochain numéro de La Vie Catholique.

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