Kenan Guillaume et sa lutte pour réussir

Kenan Guillaume et sa lutte pour réussir

Élève au collège Père-Laval, Kenan Guillaume fait la fierté de ses parents. Porteur d’un handicap au niveau des pieds, il ne peut se déplacer sans son fauteuil roulant. Pourtant, ce n’est pas sa condition qui le freine. Il a un rêve : devenir banquier. Rencontre avec ce jeune et sa famille qui nous raconte son parcours.

Du haut de ses 14 ans, Kenan Guillaume est l’aîné d’une fratrie de trois. Né avec un handicap au niveau des pieds et de la jambe, sa famille lui accorde toujours une attention particulière.

Son parcours scolaire n’a pas été simple, mais le soutien continu de ses parents l’aide à persévérer.

Dès son entrée en pré-primaire, ses enseignants ont pris soin de lui. « Bannla trouv mo garson ena enn andikap, me sa pa ti anpes zot tret li kouma lezot zelev. Zot pa ti met li apar », témoigne sa mère, Sabrinette Guillaume.

Trouver la bonne école

La transition entre le pré-primaire et le primaire a été difficile pour lui. Alors qu’il était inscrit à l’école primaire Saint-François-Xavier R.C.A, il n’y a pas poursuivi sa scolarité, par souci d’adaptation. « Miss-la depi komansman ti finn fini dir mwa ki li ena tro zelev e ki li pa pou kapav okip Kenan. Li finn dir mwa al inskrir-li dan enn lot lekol », explique la mère, qui à l’époque, ne savait pas vers quel établissement se tourner.

On lui a alors conseillé d’aller à la Fondation Georges-Charles, mais Kenan avait du mal à s’y adapter et ne s’y sentait pas à sa place. Finalement, il s’est retrouvé à l’école gouvernementale Emmanuel-Anquetil, à Port-Louis. Cette école a aidé le jeune Kenan à s’épanouir davantage. Ses enseignants l’ont pris en charge et Sabrinette Guillaume, employée par l’école, gardait toujours un œil sur Kenan. Ses attentes à ce moment : que son fils réussisse ses examens du PSAC et puisse aller au collège.

Kenan Guillaume

Kenan Guillaume aidé de sa mère Sabrinette

Fierté des parents

Toutefois, les choses ne se passeront pas comme prévu, suite à une chute à vélo en 2019, alors que les examens du PSAC approchaient. « Lakaz, nou les li lib, nou viv avek so andikap, nou pa touf li », soutient Sabrinette Guillaume. Toutefois, à cause de cet accident, il a eu du retard et à échoué aux examens.

Néanmoins admis au collège Père-Laval et il a suivi le programme d’Extended Streaming pendant une année. Sa mère était déterminée à ce que son fils réussisse aux examens du PSAC.

Après de longues démarches, Kenan Guillaume a pu y participer pendant le confinement. Il a réussi et a rejoint le mainstream en entrant en Grade 7 à la rentrée 2021-2022. Événement qui fait la fierté de ses parents, car pour Jean Anthony (père de Kenan) et Sabrinette Guillaume, tout ce qui compte, c’est l’épanouissement de leur fils

« Mo pa tousel »

Si parfois il est découragé, Kenan peut compter sur le soutien de ses parents et la complicité de son frère et sa sœur pour le booster dans ses études. En effet, l’échec lié au premier examen n’a pas été simple à accepter pour lui. « Li enn garson sansib, timid ek rezerve. Li demann plis latansion ki mo bann lezot zanfan », soutient Sabrinette. Cette dernière l’accompagne pour s’assurer qu’il puisse avoir le meilleur.

Kenan témoigne lui aussi : « Mo pa tousel, mo bann paran ek profeser ed mwa. Akoz samem mo kontan monn resi pas mo lexame. Mem dan lekol, mo bann kamarad ed mwa, zot pa riy mwa. »

Par ailleurs, une des bienfaitrices du parcours éducatif du jeune garçon est son enseignante de pré-primaire, Marie-Ange Bourdon, qui soutient les parents dans l’apprentissage de leurs enfants et qui, aujourd’hui encore, continue à donner des cours particuliers à ces derniers.

Aujourd’hui, Kenan a un rêve : celui de devenir banquier et souhaite que son amour pour les mathématiques l’aidera à atteindre cet objectif.

Anaïs Rock
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