Green champions : Plus que des champions d’écologie

Green champions : Plus que des champions d’écologie

Bientôt deux ans que Stacie Jérôme, prof de Kreol Mauricien à l’école St-François-d’Assise RCA, Baie-du-Cap, et Pascaline Cupidon, maîtresse d’école à Notre-Dame-de-la-Paix, Port-Louis, ont suivi une formation de trois jours auprès de l’Action pour la protection de l’environnement (AEP) pour devenir Green Champions. Cette mission consiste à mettre en place et faire le suivi d’un projet écologique. Ces initiatives vertes dans les écoles ont pour but de sensibiliser les enfants et leur entourage à l’importance de l’écologie. Rencontre avec deux écolos.

La main et la conscience verte. Voilà du moins ce qui a motivé Stacie Jérôme et Pascaline Cupidon à répondre favorablement à la formation pour devenir Green Champions. Ces dernières ont lancé par la suite le projet d’un espace vert dans les écoles. Celles-ci comprenant un jardin avec des plantes endémiques et médicinales. « À travers cette mission de Green Champions, je peux initier les enfants au jardinage et leur apprendre l’autosuffisance alimentaire sur le long terme », soutient Stacie Jérôme, en ajoutant que la pandémie de la Covid-19 a montré l’importance d’un retour à la terre. Et rien de tel que d’être des exemples, comme le fait ressortir Pascaline Cupidon. « C’est une manière d’être des role models auprès des enfants qui pourront par la suite sensibiliser leur parents. »

Plus qu’une simple question de sensibilisation

«  Un retour à la terre est plus que d’actualité, avec ce confinement où nous avions de l’argent, mais pas d’endroit où s’approvisionner », lance Pascaline Cupidon. Cela a été un déclic auprès du staff et des enfants sur le besoin d’avoir un espace vert. À partir de là, la maîtresse d’école s’est appuyée sur ce qui est fait dans les manuels scolaires.

L’initiative écologique vient se greffer aux cursus scolaire. De cette manière, les enfants constatent de visu ce qui est enseigné dans les manuels de science. «  C’est l’occasion de connaître des plantes médicinales et endémiques que l’on voit le plus souvent lors des excursions et aussi de savoir les utiliser », confie Stacie Jérôme, qui ajoute qu’il est important d’impliquer tous les enfants. Ainsi, cette dernière avance que les plus petits pourront consacrer dix minutes à l’arrosage. Les plus grands, quant à eux, pourront planter ou faire du compostage.

Cette initiative demande toutefois du temps, comme l’explique notre interlocutrice. Il faudra s’organiser auprès des autres professeurs et élèves pour profiter de l’espace vert.

Tous concernés

Pascaline Cupidon encourage la formation pour devenir Green Champions, car elle a personnellement pris conscience de l’urgence écologique et d’agir pour en freiner les conséquences. Elle encourage ainsi les autres enseignants à rejoindre le mouvement. « On est tous concernés par la protection de la planète en tant qu’humain, et ce projet devrait toucher toutes les écoles », soutient la maîtresse d’école. Elle est d’avis que ce projet pourra accentuer l’importance des gestes écologiques dans notre quotidien.

Ce n’est pas Stacie Jérôme qui dira le contraire. « On enseigne aux enfants la patience d’avoir quelque chose à travers cet espace vert (…) Les résultats se verront à travers un change ment d’attitude et par leur implication pour l’environnement ou simplement l’émerveille ment de voir une plante grandir  », explique la prof de KM, qui s’attelle à relancer le projet depuis la rentrée. Elle espère que les enfants pourront, par la suite, être des ambassadeurs de l’écologie dans leur quotidien.

Les contraintes du « new normal »

Le plus grand obstacle dans l’aboutissement des projets écologiques au niveau des deux écoles a été le confinement. Stacie Jérôme soutient que les deux derniers lockdowns ont mis un frein à la mise en place de l’espace vert. « Il y avait déjà un plan pour initier tous les enfants de l’école. Ainsi, chacun, du plus petit au plus grand, aurait eu un rôle à jouer. »

Mais les objectifs n’ont pas été atteints et il faudra relancer le projet en s’adaptant au contexte actuel. Pascaline Cupidon abonde dans ce sens en expliquant qu’il est important de reprendre ce travail de sensibilisation auprès des élèves. « Avec les enfants, cela doit être un travail soutenu (…) et il faudra les amener à reproduire cela en dehors des murs de l’école », avance-t-elle.

Pour ce faire, elle peut compter sur une petite équipe, mise en place en début d’année, pour conscientiser de manière créative les élèves, tout en respectant les mesures sanitaires. Outre l’espace vert, l’école a aussi lancé unprojet de tri des déchets en début d’année.

Yanick Bazile
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