Père Georgy Kenny : « Il faut cultiver l’appel »

Père Georgy Kenny : « Il faut cultiver l’appel »

25 ans de prêtrise pour le père Georgy Kenny. Jubilé qu’il marquera  le 4 août. À l’occasion de cet anniversaire, le père Kenny a accepté d’être interviewé par La Vie Catholique. L’occasion de faire un flash-back, mais aussi de se confier sur des sujets plus d’actualité.

Père Georgy Kenny, le 4 août, cela fera 25 ans que vous êtes prêtre. Vous vous étiez-vous déjà projeté dans la célébration de ce jubilé d’argent ?

Non je ne me suis pas projeté dans mes 25 ans. Je n’en ai pas eu l’occasion. Je me souviens de mon ordination comme si c’était hier. Puis, on vit le ministère. 25 ans, ça passe vite. On n’a pas le temps de se projeter dans l’avenir. J’ai vécu le moment présent. Je réalise que c’était un long chemin et qu’il y a beaucoup de choses.

C’est dans la vie de chaque jour que l’on apprend à devenir prêtre. Quand on est ordonné, on est prêtre sacramentellement, mais il faut après devenir prêtre.

Comment le devient-on ?

Je suis devenu prêtre à travers mon ministère. C’est dans le fait même de vivre le quotidien de son ministère qu’on apprend à devenir pasteur. On n’est pas pasteur le jour où on est ordonné, mais appelé à le devenir.

On le devient auprès d’une communauté. C’est elle qui nous fait devenir prêtre, être pasteur. Il n’y a pas de prêtre sans Église, sans peuple de Dieu, comme il n’y a pas de mari sans femme, pas d’époux sans épouse.

En 25 ans, deux expériences en paroisses, mais beaucoup de formations et conséquemment, de responsabilités. Choisit-on un tel parcours ?

Au séminaire, je ne crois pas que j’avais des difficultés pour les études. En ce qu’il s’agit du droit canon, dès le séminaire il y avait le père Roland Courrousse qui savait rendre ce sujet accessible.

Quand on m’a proposé de faire ces études après, j’avais 37 ans, mais j’ai accepté, même si ce n’est pas comme se remettre à étudier à 18 ans.

C’était le droit et il fallait le faire en italien. Fréquenter l’Université pontificale grégorienne et y étudier le droit canon a été pour moi une grâce. J’étais content de faire ces études et aujourd’hui encore, j’y repartirais bien, même si c’est une matière difficile à étudier.

Être juge à l’officialité est une responsabilité délicate. On vous demande votre avis souvent et il faut donner la réponse la plus juste…

Pourquoi être prêtre diocésain, alors que plusieurs de vos amis choisissaient des congrégations religieuses ?

Peut-être parce que je voulais être là, dans une communauté. Pour être avec un peuple. Je ne me suis jamais senti l’âme suivant un fondateur, ni vivre en communauté religieuse.

Vous avez porté plusieurs chapeaux, dont celui de responsable du Service des vocations. Que dit un ancien responsable quand on parle de crise des vocations ?

Pour moi, il n’y a pas de crise des vocations ou de l’appel de Dieu, mais une crise de l’engagement et de la réponse. Pour moi, Dieu appelle toujours. Il ne peut pas avoir cessé d’appeler. Maintenant, qu’est-ce qui ne permet pas aujourd’hui qu’un jeune puisse être disponible pour entendre l’appel du Seigneur  ? Qu’est ce qui ne lui permet pas de se dire que c’est un chemin du bonheur ? Je crois qu’il y a une peur de l’engagement dans la durée. Comme aujourd’hui dans les mariages. (…)

D’ailleurs on peut parler d’une crise de vocations – vocations avec un « s » – dans le sens où dans plusieurs sphères, les gens s’engagent moins. Il n’y a plus personne  ! Il faut exposer nos jeunes au Christ. S’il n’y a pas d’intériorité, comment on fait la rencontre de quelqu’un  ? La communauté aussi a un rôle à jouer.

MTL
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