Messe de 50 personnes : tenter de faire communauté

Messe de 50 personnes : tenter de faire communauté

Tous ne peuvent aller à la messe actuellement. Une escapade dans certaines paroisses montre néanmoins qu’il y a des gens qui y assistent régulièrement ces derniers temps… et d’autres pas du tout. Qui sont-ils ? Qu’est-ce qui motive leur choix ? Nous avons mené une petite enquête.

Ceux qui vont à la messe

Beaucoup de ceux qui se retrouvent à la messe fréquemment sont ceux qui assurent un service au sein de leur paroisse. À l’instar des membres de l’animation pastorale, de la chorale ou de l’équipe liturgique. Armand Bronqueur fait partie de ceux-là. Ce dernier, engagé comme membre de l’EAP, explique qu’il est tous les week-ends à la chapelle de sa localité pour assurer le service d’ordre.

Sa mission  : veiller à ce que le protocole sanitaire soit respecté et lire les annonces paroissiales. Toutefois, comme il est présent chaque dimanche, il lui est arrivé de laisser la place si une personne vient à la dernière minute. « Il est vrai que la messe m’a beaucoup manqué et que j’avais ce besoin de retrouver la communauté, mais notre mission première est de permettre à tous de vivre leur foi, donc il ne faut pas que je monopolise l’espace. Je dois laisser à d’autres l’opportunité de vivre la messe », soutient notre interlocuteur.

Laisser la place aux autres

Il en va de même pour Jenny Sooroojebally, de Sainte-Hélène, présente à la messe de 6h30 le dimanche au moins deux fois par mois pour s’assurer de l’accueil. De manière générale, dit-elle, il n’y a pas beaucoup de personnes pour la messe du matin, mais les 50 places sont respectées. Bien qu’elle soit au service, c’est quand il reste de la place à l’intérieur que Jenny peut participer à la messe. Au cas contraire, elle reste dehors et laisse la place aux autres.

Tous les samedis, Denis Lajoie se retrouve, lui, à l’église pour faire fonctionner l’appareil de projection. « Nous sommes normalement deux à le faire, mais l’autre personne a d’autres responsabilités. D’ailleurs les deux premières semaines où je n’y étais pas, il n’y avait pas de projection vidéo. Voilà pourquoi on m’a demandé de venir », explique-t-il.

Être au service

Idem pour R.J, de Port-Louis. Depuis la réouverture des lieux de culte, il est tous les dimanches à la messe parce qu’il assure l’animation. « Nous avons désormais deux messes le dimanche pour permettre à plus de personnes de venir. L’équipe d’animation a donc été divisée en deux groupes. Je suis dans l’un d’eux », précise-t-il. Il n’est pas uniquement engagé pour les chants et la musique, mais aussi pour la messe suivante, avec l’accueil et le protocole à respecter.

À Rivière-des-Anguilles, Richard Rateau a eu l’occasion d’aller à la messe 3 à 4 fois. Pour pouvoir recevoir le Corps de Christ bien-sûr, mais aussi pour ne pas laisser les places destinées à la chorale vides. « Nous alternons notre tour mais souvent, il reste de la place parce que les personnes ne sont pas disponibles. Je me porte volontaire dans ce cas », explique-t-il.

Ceux qui n’y vont pas

Par crainte de la Covid-19, Pascaline, de Vacoas, a fait le choix de ne pas se rendre à l’église avec sa famille. Bien qu’elle sache qu’il y a la distanciation dans les bancs, la prise de température, etc., elle ne se sent pas rassurée. Ainsi, Pascaline préfère être à la maison et assister à la messe en ligne.

Cette frayeur, Magda Bazile l’a aussi. Sachant que le virus circule toujours et vu qu’elle travaille avec des enfants, elle ne veut pas risquer d’être contaminée. Aussi, elle préfère ne pas aller à la messe alors qu’auparavant, elle ne ratait jamais celle du dimanche matin. « Aujourd’hui, je préfère regarder la messe en ligne tous les jours pour combler ce vide. Je passe alors mes journées à écouter les différentes homélies de prêtres de Maurice et d’ailleurs et je prie en communion avec tous, mais chez moi. » Toutefois, partage-t-elle, cela lui manque de ne pouvoir faire communauté… mais la peur du virus l’emporte.

La présence du virus freine

C’est le 14 août que Shirley Farla ira à la messe avec sa famille. Ce sera son anniversaire. Jusqu’à présent, elle a préféré laisser la place à d’autres, mais aussi parce qu’elle savait qu’elle aurait eu une messe lors d’une retraite en juillet. Elle pense également que la demande doit être grande sur sa paroisse, vu que sa voisine a attendu un mois avant d’obtenir une place. Pour l’instant, elle vit la messe en famille de son salon le dimanche matin.

Une habitude prise également par Patricia, de Beau-Bassin. Cette dernière partage qu’elle préfère laisser sa place aux personnes qui ont le plus besoin de se rendre à l’église. « Moi, je peux regarder la messe en ligne, mais beaucoup de personnes âgées ne le peuvent pas. Elles ont ce besoin d’être à l’église. Je ne m’inscris pas, pour leur laisser plus de chance d’y aller », précise-t-elle.

Pour Axelle Marie, la situation est différente. Elle avoue ne pas avoir été à la messe depuis la réouverture à cause des barrières qu’elle se crée elle-même. Elle est d’avis que la jauge des 50 personnes, la présence du virus et les habitudes qui s’installent, la freinent. Pour elle, la Covid-19 vient en quelque sorte décourager à faire communauté.

NH
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