Wakashio : douze marins en attente.

Wakashio : douze marins en attente.

Le naufrage du Wakashio n’a pas été simplement un drame écologique ayant affecté le Sud-Est de l’île. Un an après, certaines cicatrices sont toujours visibles. Notamment la baisse de revenus de certaines familles qui dépendaient de la mer. Par ailleurs, douze des marins du vraquier Wakashio n’ont toujours pas réussi à rentrer chez eux. Lindsay Meyepa (photo), directeur du Centre Stella Maris/ Apostolat de la Mer, a été en contact avec eux et leurs familles. Ce dernier aborde la détresse de ces hommes de la mer coincés à Maurice en attendant la fin de l’enquête.

« Ils sont montés à bord du vraquier Wakashio sans date de retour chez eux.  » Voilà comment décrire la situation des douze marins coincés ici, suite au naufrage du Wakashio. « Presqu’un an et demi qu’ils n’ont pas revu leur famille et plus d’un an qu’ils sont coincés à Maurice, en attendant la fin de l’enquête », soutient Lindsay Meyepa, directeur du Centre Stella Maris/ Apostolat de la Mer. Si au départ, il était 18 marins, six d’entre eux ont toutefois pu rentrer chez eux. Pourquoi ? « L’enquête policière a été complétée pour les six marins qui sont partis et non pour les douze restants », explique notre interlocuteur.

Ces derniers sont logés dans un hôtel, sous strict surveillance policière. Ainsi donc, le Centre Stella Maris/Apostolat de la Mer fait un pressant appel aux autorités concernées pour rapatrier ces marins dans leur pays respectifs s’ils ne font l’objet d’aucune accusation.

Une situation éprouvante

«  Ils sont psychologiquement affectés et stressés par cette situation  », soutient Lindsay Meyepa. Ce dernier ajoute qu’il a même dû faire de l’accompagnement psychologique pour ces malheureux. En contact permanent avec eux, notre interlocuteur nous montre les correspondances avec les marins. Ces derniers ne savent pas quand ils vont rentrer, ni même où en est l’enquête.

Au-delà de leur situation éprouvante, il y a aussi des familles qui espèrent leur retour à la maison. Grâce aux réseaux mondial de Stella Maris/ Apostolat de la Mer, Lindsay Meyepa a pu entrer en contact avec ces familles pour que cette instance dans leur pays respectif puisse leur porter de l’aide. « Nous avons eu des correspondances avec les familles des marins. Il y a des femmes qui espèrent le retour de leur conjoint et des enfants qui veulent serrer leur père dans leurs bras », souligne notre interlocuteur.

Un accompagnement

Ces hommes vivent dans de bonnes conditions et sont en contact avec leurs proches. Cependant, l’incertitude quant à la situation et la solitude constituent un poids émotionnel pour eux.

Comme quand ils sont malades. D’ailleurs, durant l’entretien, Lindsay Meyepa a reçu un appel l’informant qu’un des marins est à l’hôpital. « Hormis l’Apostolat de la Mer, ce dernier ne recevra pas de visite. Sa famille est dans un autre pays et ses amis sous surveillance policière », soutient notre interlocuteur.

Depuis le naufrage du Wakashio, Stella Maris/Apostolat de la Mer de Maurice a été auprès des marins et pêcheurs, de leurs familles aussi, tous affectés par ce drame écologique.

Lindsay Meyepa soutient que la mission de l’Apostolat de la Mer ne doit pas se restreindre qu’aux natifs du pays. « Depuis que les marins ont été placés dans l’hôtel, nous les avons visités pour leur apporter un soutien moral, les aider à se faire vacciner contre la Covid-19 et entreprendre les démarches pour leur passeport », explique Lindsay Meyepa. Sur ce point, il remercie les autorités. Ces derniers ont été d’un grande aide pour faciliter le processus et pour pouvoir donner les informations liées à l’enquête.

Désormais, une seule chose compte pour ces marins : le retour à la maison qui mettra fin à cette situation éprouvante

YB
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