Soins palliatifs : une première à Maurice !

Soins palliatifs : une première à Maurice !

Ne vous y trompez pas ! Il ne s’agit pas d’un lieu où on vient mourir, mais où trouver comment vivre les jours restants paisiblement et avec le moins de souffrances possibles. Ici, c’est l’unité de soins palliatifs de la Clinique Ferrière du Bon Secours. La première du genre à Maurice.

Les premiers patients n’arriveront que dans quelques semaines, mais les locaux sont déjà presque fins prêts. D’ailleurs, ne reste que quelques détails à finaliser.

Par exemple, des plantes à disposer, quelques meubles à installer, des lits à habiller… En effet, la visite du jour (vendredi 20 août), en atteste. C’est d’ailleurs en ce jour que Sr Angélique et Sr Maryline découvrent une des petites serviettes brodées avec le nouveau logo de la clinique. À travers le plastique qui la protège, Sr Maryline caresse ce linge. « Il faut penser à tout. Penser à chaque détail », commente la responsable de la Congrégation.

Penser, commander, organiser, installer… C’est tout cela qui conduit progressivement à la création de cette nouvelle unité de soins palliatifs. Dans une pièce fraîchement aménagée au premier, à côté de la réception et non loin du poste des soignants, se trouve le bureau du médecin en chef de ce service.

Le Dr Vicky Naga, a travaillé en France et à la Réunion. À l’île Sœur, ce gériatre a notamment travaillé auprès des personnes hospitalisées à la maison. Témoin de la souffrance de certains patients, l’aventure en milieu palliatif l’a tenté, au point d’accepter de rentrer au pays pour faire partie de cette unité à la Clinique Ferrière.

Soulagement et réconfort

À ses côtés, le Dr Anne-Sophie Jérôme et Maëva l’Enclume, deux jeunes médecins. Avec le Dr Naga, ils forment un trio motivé par les mêmes objectifs ; soulager les patients qui souffrent. «  Comment est-ce qu’en 2021, les gens peuvent mourir en souffrance  ?  », lance le Dr Anne-Sophie Jérôme. « Mourir sans être écoutés. Sans être soulagés  ! » Les deux jeunes doctoresses ont été aussi témoins des limites de la médecine curative, des cas d’acharnement thérapeutique également. D’où leur désir aujourd’hui d’évoluer dans un milieu ou le bien-être du patient est prioritaire.

Et justement, tout est fait à l’unité de soins palliatifs Mère-Augustine, pour s’assurer que chaque patient et sa famille puissent trouver soulagement et réconfort. À commencer par la taille de l’unité  : douze chambres seulement. « Beaucoup nous ont dit que pour l’espace, nous aurions pu aménager une quarantaine de lits  », confie d’ailleurs le directeur de la clinique, Donald Ha Yeung.

Mais ici, l’équipe privilégie la qualité à la quantité. Résultat, une unité avec des chambres spacieuses, de larges couloirs, et d’immenses baies vitrées laissant entrer le soleil. Les murs blancs, les mains courantes et les portes en bois, les coussins à motifs… tout cela rend les lieux agréables.

Adoption d’une approche pluridisciplinaire

À l’unité, le but est bien de soulager les patients et également de leur rendre l’existence confortable. Et si l’objectif n’est pas tant de guérir la personne malade, elle n’est pas non plus admise à l’unité pour y mourir. Ainsi, la mission des médecins et de l’équipe soignante étant d’évaluer sa souffrance et de trouver comment la soulager afin qu’elle puisse regagner son domicile pour passer le restant de ses jours auprès de ses proches. La durée moyenne d’un séjour à l’unité est de 10 jours.

Pour arriver à aider chaque patient, une approche pluridisciplinaire sera adoptée. Médecins, soignants, psychologue, bénévoles et divers thérapeutes seront ainsi appelés à travailler ensemble pour aider chaque patient.

« Les soignants prodiguent un traitement médicamenteux pour soulager la personne. Mais il y aura aussi de la place pour des traitements non-médicamenteux comme l’aromathérapie, l’art thérapie, la musicothérapie, etc.  », explique le Dr Anne-Sophie Jérôme. Une pièce est d’ailleurs cours d’aménagement pour les bains thérapeutiques. Les thérapies seront à la demande et selon les besoins du patient.

Et afin de veiller à une bonne synchronisation du service des réunions quotidiennes pour le personnel soignant, des rencontres hebdomadaires réunissant des représentants des différentes équipes affectées à l’Unité sont aussi programmées.

Quant aux soignants, si la très grande majorité vient du personnel qui travaillait déjà à la Clinique Ferrière, tous ont eu droit à une formation spécialisée. Laquelle a gagné en intensité – avec deux sessions par semaine – à l’approche de l’ouverture de l’unité.

S’occuper de la famille aussi

S’inspirant de structures similaires qui existent en France, l’unité de soins palliatifs Mère-Augustine accorde aussi une large place au bien-être de la famille des personnes malades. Comme l’explique Sr Angélique, « il est important que les proches entourent les malades. On dit non à la douleur et non à l’abandon ». Ainsi, une grande partie du deuxième étage de l’Unité est consacré à la famille. Deux salons, une cuisine, et une chambre leur sont dédiés. Les familles des patients admis pourront aussi réserver un salon pour partager un repas. Ceux qui désirent passer une nuit près de leur proche peuvent aussi réserver la chambre.

Quant au bâtiment il a été pensé et aménagé de sorte que même le patient alité puisse circuler pour aller au salon ou sur l’une des terrasses.

Conscient que face à la maladie d’un proche, la famille a aussi besoin d’être soutenue, l’unité prévoit de l’encadrer à travers le service des bénévoles et d’un psychologue. Un coin enfant sera également aménagé pour permettre aux petits forcés d’évoluer dans l’unité un certain temps d’avoir un lieu où ils se sentent bien et où des discussions avec le psychologue (si besoin est) puissent avoir lieu.

Martine Théodore-Lajoie

 

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