Fête de la Saint Louis : la solidarité, richesse d’un pays

Fête de la Saint Louis : la solidarité, richesse d’un pays

La traditionnelle messe et fête de la Saint Louis ont été célébrées cette année dans la sobriété. Protocole sanitaire oblige. Comme à l’accoutumée, cet événement a réuni plusieurs représentants de l’État et des fidèles. La célébration, elle, était présidée par le cardinal Maurice E. Piat

Célébrer saint Louis, patron du diocèse et de la Cité, mais aussi prier pour le pays. C’était lors de la messe traditionnelle, le 25 août dernier à la Cathédrale Saint-Louis, Port-Louis.

Au début de son homélie, le cardinal Piat a invité à une prière plus intense pour le pays. En ces temps de crise et d’incertitude, le peuple souffre au quotidien, selon lui. « Notre économie est à bout de souffle. Malgré toutes les aides aux entreprises en difficulté. Le coût de la vie augmente aussi. Par ailleurs, les cas avérés de la Covid-19 sont de plus en plus nombreux. Cela malgré toutes les mesures prises par les autorités sanitaires. Ce qui suscite une certaine insécurité. Nos institutions sociales sont fragilisées. Le dialogue social est difficile », a fait ressortir le cardinal.

Pour ce dernier, il faudrait un nouveau souffle, une nouvelle renaissance, un réveil des valeurs qui constituent le socle de notre démocratie : As one people, as one nation, in peace, justice and liberty, Beloved country May God bless thee, forever and ever.

Faisant référence au passage de l’Évangile quand Jésus répond sur les impôts à rendre à César, Mgr Piat a expliqué que ce que Jésus voulait dire, c’est que rendre à César ce qui est à César, « c’est reconnaître l’autorité politique légitime et la respecter. C’est aussi obéir aux lois civiles nécessaires pour la bonne marche d’un pays. Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est rester libre dans l’obéissance de ce qu’on doit à l’autorité ».

Prospérité d’un pays

Jésus préconise ainsi de respecter l’autorité légitime, sans oublier la fidélité première à l’autorité divine.

«  Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné par surcroît », a cité le cardinal Piat. Ce royaume a-t-il expliqué, ne sera pas « un royaume politique en compétition avec le régime du gouvernement d’un pays. Mais il consistera plutôt à travailler pour faire régner le respect du droit, la fraternité et l’intégrité. Cela avec la conviction que ce sont là les valeurs pouvant assurer la sécurité et la prospérité d’un pays sur le long-terme ».

Rappelant par la même occasion que c’est en travaillant au règne de Dieu et aux intérêts de César que la dignité humaine est respectée. « Cette dignité ne repose pas sur le rang social ou la fonction que la personne occupe. Ni sur son niveau d’éducation ou sur son niveau de revenus aussi. Elle est fondée sur le fait que chaque personne humaine est créée à l’image de Dieu. Qu’elle est aimée passionnément par Lui. Qu’elle est aussi accompagnée par Lui tout au long de sa vie. Et qu’elle est destinée à vivre en communion avec Dieu pour l’éternité ».

« Nous sommes tous frères »

De plus, toujours en référence au règne de Dieu, Mgr Piat a évoqué la fraternité. « Nous sommes tous frères. La fraternité n’est pas basée sur des affinités culturelles ou de milieu social, ni même de religion. Elle est fondée sur l’accueil que nous devons à chaque être humain en reconnaissant en lui un enfant de Dieu, donc un frère, une sœur en humanité… un don qui peut beaucoup m’apporter, si seulement je cherche à l’apprécier au-delà de son rang social, de son éducation ou de son affiliation politique ».

Ainsi, il a rappelé que « la vraie richesse d’un pays ne tient pas à la hauteur des revenus moyens des citoyens, mais à la hauteur du niveau de solidarité qui est vécue entre les citoyens ».

Le cardinal Piat a conclu en invitant chacun à assumer sa responsabilité là où il est dans la société. « Nous avons tous une part à prendre dans le maintien du niveau d’honnêteté et d’intégrité dans la conduite des affaires de notre famille, de notre travail et de notre pays. L’engagement contre la transparence et contre toute forme de corruption n’est pas seulement une option, mais le devoir de chaque citoyen, car il en va non pas de la santé d’une société, mais de sa survie ».

Nadia Hilaire

Crédit photo : GIS

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