Living Waters, 25 ans : le parcours du mouvement

Living Waters, 25 ans : le parcours du mouvement

Le groupe charismatique Living Waters a célébré, le vendredi 27 août dernier, ses 25 ans de présence à Maurice à travers une messe présidée par le père Jocelyn Grégoire. À l’occasion de ce jubilé, Simon Wong, le responsable, revient sur le parcours du mouvement.

Comment le groupe « Living Waters » s’est-il installé à Maurice ?

Tout a commencé quand Mathew Jacob, un expatrié indien qui travaillait à Maurice, a invité le père Fiorella Mascarenhas s.j. pour lead une retraite pour l’English Speaking Catholic Community, en août 1996. À la suite de quoi, quelques-uns ont commencé à se réunir pour prier. En septembre 1997, Mathew a invité le père Rufus Pereira, cette fois-ci pour un Life in the Spirit Seminar (LSS), avec baptême dans l’Esprit à la fin.

Le père Mascarenhas a été pendant des années le responsable de l’International Catholic Charismatic Renewal Service à Rome et en tant que tel, il avait des petits-déjeuners de travail avec le pape Jean-Paul II.

Le père Rufus Pereira a lui aussi siégé au conseil de l’ICCRS en 1997. Il a ensuite été vice-président de l’Association internationale des exorcistes.

C’est avec ce LSS en septembre 1997 que le Living Waters Prayer Group a pris son essor.

Quelle est la particularité de ce mouvement ?

Living Waters est un groupe charismatique de langue anglaise. Il a été initié par des expatriés – indiens et autres – travaillant à Maurice. À ceux-là sont venus s’ajouter des Mauriciens ayant vécu en Grande Bretagne et dans d’autres pays anglophones. Aujourd’hui, bien que parmi les regulars il n’y ait qu’une seule personne dont la langue maternelle est l’anglais, nous avons maintenu notre Praise & Worship dans cette langue. Car beaucoup se disent enthousiasmés par ce Praise & Worship. De temps en temps, nous accueillons aussi des anglophones de passage à Maurice.

Les prières, enseignements, et autres partages ou témoignages se font tantôt en anglais, tantôt en français. Quelquefois en créole également. Par ailleurs, nous ne sommes pas parish based. Les gens viennent de toutes les régions de l’île. Il y a même des Rodriguais, de passage à Maurice, qui se font un devoir de participer à nos rencontres.

En 25 ans de présence, quelle a été l’évolution du profil de ceux qui viennent prier au sein du groupe ?

D’une trentaine de personnes, avec beaucoup d’expatriés anglophones au départ, Living Waters a, au fil des années, évolué tant en nombre qu’en profil. Si aujourd’hui nous sommes près d’une centaine, Living Waters a, pendant bien des années, réuni jusqu’à 250 personnes tous les vendredis.

De 30 à 200 ou à 100, il est sûr que le profil est plus varié. Très familial au départ, avec des enfants en bas âge. Nous le sommes moins maintenant, mais avec des couples, jeunes et moins jeunes. Des jeunes il y en a eu beaucoup, certains sont partis en études à l’étranger, et d’autres, devenus des adultes, sont toujours là.

Vous êtes le responsable de ce groupe ; quels ont été les défis relevés pour tenir 25 ans ?

D’abord et avant tout  : la fidélité de Dieu  ! À chaque moment, période difficile, d’égarement, de doute, le Seigneur nous a montré le chemin, et a «  raise somebody to guide us », nous a montré sa miséricorde. C’est ce qui nous a permis de durer.

Un groupe évolue constamment  : 60, 100, ou 200, c’est autant de parcours spirituels, de circonstances de vie, de susceptibilités, de besoins, qu’il s’agit d’appréhender et d’intégrer pour une vie communautaire. Et au fil des années, nous avons créé des structures de travail. Une organisation avec des Ministries : Intercession, Music, Hospitality, et des qualités que demandent ces ministères…

Offrir une formation à tout un chacun pour servir, mais dans la discipline et au sein d’une structure organisationnelle adaptée et souple. Garder un juste équilibre entre «  autorité de responsable » et écoute et ouverture. Un leader connaît une solitude face à des situations. L’un des plus grands défis, c’est de gérer les egos de tout un chacun. Sans oublier son propre ego. Il faut aussi toujours résister à la tentation de croire que nous avons du « pouvoir ».

« Living Waters » a, à plusieurs reprises, organisé des retraites avec des conférenciers étrangers. Qu’est-ce qui avait motivé ces expériences et qu’en retenez-vous ?

En fait, c’est venu tout naturellement. Comme le père Fio Mascarenhas est venu pour une première retraite, et l’année suivante, le père Rufus s’est déplacé pour un LSS, il était tout naturel que le père Rufus et d’autres prêtres anglophones viennent pour le suivi, pour des Growth Retreats. Et ainsi, l’Annual Series of Retreats de Living Waters est devenu un événement attendu de tous.

Et la qualité et la spiritualité de ces prêtres, équipes d’intervenants venant de l’étranger, ont fait que les billets s’arrachaient et étaient épuisés en quelques jours.

Entre les 2 week-ends de retraite ouverte au grand public, nous programmons toujours un temps de formation pour notre communauté et nos différents ministères : musique, intercession … Cela nous permet non seulement de grandir spirituellement, mais aussi de sortir de notre petit monde insulaire et de nous confronter aux best practices internationales.

Pour ne citer qu’un  exemple : quand un Borgman, au détour d’une conversation, vous demande quel est le métal dans ta foi, cela vous fait forcément réfléchir. Ou vous met en garde que Living Waters ne devienne pas Living marécages

Comment le groupe s’est-il adapté au contexte actuel de la pandémie ?

Lors du premier confinement l’année dernière, nous avons tenu nos réunions de prières à travers YouTube. À la réouverture, les Jésuites nous ont accueillis à St-Ignace, Car le collège Lorette de Rose-Hill nous était inaccessible.

Cette année, nous avions prévu une série d’événements pour marquer nos 25 ans. Mais Covid-19 oblige, tout a dû être reporté. Toutefois, nous avons pu organiser une messe d’action de grâce le vendredi 27 août en l’église Saint-François-d’Assise et la salle d’œuvres. La messe était aussi relayée sur Facebook et YouTube.

Après le confinement de cette année, à la réouverture en mai 21, nous avons continué à tenir nos réunions sur Zoom et YouTube vu la jauge de 50 et le taux élevé de contamination.

Comment voyez-vous l’avenir du groupe de prière ?

À court terme, reprendre nos réunions en présentiel. Et d’un point de vue missionnaire, partager, échanger avec les autres groupes charismatiques et être ce « courant de grâces » pour l’Église mauricienne en contribuant activement à amener un maximum à recevoir le baptême dans l’Esprit.

Martine Théodore-Lajoie

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