Communauté de la Pierre Vivante : Se dire, déposer, pour reprendre la route

Communauté de la Pierre Vivante : Se dire, déposer, pour reprendre la route

À l’exemple des auxiliaires du Père Laval qui allaient à la rencontre des gens, depuis ce mois de mai, les membres de la Communauté de la Pierre Vivante (Renouveau Charismatique), ont entamé un travail d’écoute au cœur de la société. Aller là où il y a besoin d’une oreille attentive et d’un moment de prière, tel est l’appel qu’ils ont senti durant ce temps de pandémie et d’incertitude. Cynthia Pyanee, aumônière du mouvement, explique la démarche.

« Mo santi mwa reviv.  » C’est bien l’une des phrases que les équipes de la Communauté de la Pierre Vivante entendent souvent après les temps d’écoute organisés dans les paroisses depuis le deuxième confinement.

Un espace d’écoute que la communauté a mis en place pour les personnes en cette période. « Nous avons réalisé qu’il y a un new normal et que les choses ne sont plus comme avant. Les personnes étaient cloîtrées chez elles ; elles ne venaient plus à la messe, aux rencontres qu’on pouvait organiser en nombre restreint. C’est ainsi que nous avons pris un temps de discernement, mais aussi effectué une enquête sur le terrain pour comprendre ce qui se passait. De là, nous avons découvert que les gens ont simplement besoin d’être écoutés, de se dire », partage Cynthia Pyanee.

Pendant ce deuxième confinement, les personnes ont vécu plusieurs choses, explique-t-elle. Angoisse, difficultés. Des fardeaux, dit-elle, qu’elles ont besoin de déposer, tout en ayant une oreille attentive, sans jugement.

Ainsi, le noyau de la Communauté de la Pierre Vivante a réfléchi à une formule pour permettre aux personnes de pouvoir se dire en créant cet espace d’écoute pour ceux qui le souhaitent.

Sortir transformés

C’est à la paroisse Sainte-Claire à Goodlands que l’équipe a pu amorcer ce service. Ce sont les membres de la Pierre Vivante formés à l’écoute et à la vie chrétienne qui assurent la mission. Les rencontres se font une fois par mois (le dimanche) dans les localités qui le demandent. Ainsi, après Sainte-Claire, l’équipe s’est rendue à St-Esprit, Bel-Air, et pour le mois d’août, à Saint-Sacrement, Cassis. Ils vont là où il y a de la demande. Mais ils envisagent aussi de se rendre dans l’Ouest, le Sud/Sud-Est. Où ils sentent que les personnes ont un besoin d’être écoutées après tout ce qu’elles ont vécu ces derniers temps.

Les inscriptions se font au niveau des paroisses et auprès des membres de la Communauté de la Pierre Vivante. L’équipe s’assure qu’il n’y ait jamais plus de 50 personnes à la fois. Ainsi, pour chaque journée, il y a 28 écoutants qui rencontrent les personnes en binôme. La journée est divisée en batch d’une heure (9h, 10h, 11h, midi, 13h et 14h). Chaque batch peut accueillir 25 personnes. « Nous nous assurons que les écoutants et les écoutés soient aussi bien protégés et nous veillons au respect des gestes barrières », précise notre interlocutrice.

De plus, explique Cynthia Pyanee, les écoutants viennent de régions autres que celles où l’espace d’écoute est proposé. Ceci afin de respecter l’intimité et l’anonymat des accueillis. « Notre principe est vraiment d’accueillir toute personne qui ressent le besoin de parler. Parfois, nous avons eu des gens qui, passant par-là, nous demandent de les écouter. Nous les accueillons. Nous avons eu aussi des chrétiens d’autres Églises. Notre désir, c’est que ceux qui veulent se dire puissent le faire. »

Nourrir la foi

Par ailleurs, chaque rencontre, se fait à l’église, afin que le Saint-Sacrement soit exposé. Ainsi après le temps d’écoute, les écoutants proposent aux personnes un temps de prière personnelle. Cette temps est comme un prolongement de l’écoute devant Jésus Eucharistie.

À Cassis par exemple, le curé était présent pour la confession. « Cela est venu comme boucler ce ministère de compassion que nous faisons. Nous avons noté comment la confession est aussi importante et que les personnes en ont besoin… Nous voulons vraiment que ce moment soit comme un chemin d’Emmaüs où il y a une rencontre, que l’Eucharistie soit présente et que tous puissent sortir de ce moment transformés », explique Cynthia Pyanee.

Et des transformations, il y en a. Puisqu’au départ, dit-elle, si les personnes arrivent à bout de souffle et disent « mo nepli kapav priye », à la fin de ce moment à cœur ouvert, elles ressentent de nouveau le besoin de prier et de se tourner vers Dieu. « Beaucoup disent : ‘Monn rat mo 40er sa lane-la, me monn resi gagn Sin Sakreman zordi.’ Cela n’est pas banal, ça aide à faire grandir et nourrir la foi. La présence réelle du Christ leur permet de se reconnecter au Christ. Surtout que beaucoup de ces personnes n’étaient pas branchées sur internet pour suivre les différents enseignements proposés  et elles se sont retrouvées en quelque sorte marginalisées, isolées sans la présence de la communauté de l’Église », ajoute Cynthia Pyanee.

Suivre l’exemple du Père Laval

D’autre part, les écoutants vivent cet apostolat dans la prière. Ils suivent l’exemple des auxiliaires du Père Laval et du Père Laval lui-même. La Covid-19, toujours présente et pernicieuse, ces équipes encourent des risques pour écouter une sœur, un frère dans le besoin. « L’amour se donne pleinement, sans mesurer, gratuitement, pour le seul plaisir de donner et de servir. Notre mission à la Pierre Vivante, c’est vraiment d’être témoins de l’amour jusqu’au bout. Et ça, maintenant plus que jamais, nous sommes en train de le vivre. On n’est pas en train de prendre des risques fous, mais nous essayons de rejoindre la personne dans ce dont elle a besoin dans sa réalité. Nous ne pouvons rester dans nos zones de confort et faire comme si nous n’entendions pas ces appels silencieux », partage l’aumônière du mouvement.

Nadia Hilaire

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