Funérailles : le point sur le protocol

Funérailles : le point sur le protocol

Voila déjà deux semaines depuis que les funérailles des victimes de la COVID 19 sont pris en charge par le privé, c’est-à-dire par les maisons funéraires. Tout un protocole a été mis sur pied par le ministère de la Santé à cet effet. Comment, de leur côté, les pompes funèbres assurent-elles ce service ? Explication.

Les pompes funèbres du privé peuvent désormais se charger des funérailles des victimes de la COVID 19 à Maurice. Un service qui a toutefois démarré avec une communication un brin grippée des autorités concernées. C’est-à-dire, le ministère de la Santé.

Il avait d’abord été annoncé que les opérateurs des services funéraires recevraient une formation. Celle-ci s’est finalement révélée être plus un partage d’expérience et d’information entre les différentes pompes funèbres, explique Julien Rajaram de la compagnie Valère Undertaker. A la suite de cette rencontre, les différentes compagnies ont reçu des guidelines préparés par le ministère.

Déjà conditionnés

« Nous nous étions déjà conditionnés. Nous savions que cela allait arriver un jour ou l’autre. Avant même qu’on soit contacté, nous étions donc préparés », avance pour sa part, Frédéric Degeilh, CEO de Elie & Sons Ltd. Idem chez Valère Undertaker. « Même si nous ne savions pas que nous allions faire les funérailles COVID, nous nous sommes préparés au cas où on faisait appel à nous », précise Julien Rajaram.

D’ailleurs, explique ce dernier, déjà depuis l’année dernière, au début de la pandémie, les équipements de protection faisaient déjà partie de la norme de la compagnie. Ainsi, combinaison PPE, gants, masques, sanitizer étaient déjà mis à la disposition du personnel. « Les personnels des pompes funèbres sont aussi des frontliners. Il ne faut pas qu’ils se mettent à risque ainsi que leurs familles. Voilà comment depuis l’année dernière toutes les dispositions ont été prises à cet effet », soutient-il.

Prendre aucun risque

Même son de cloche pour Frédéric Degeilh. COVID ou pas, beaucoup de précautions sont prises à la morgue d’Elie & Sons par les embaumeurs pour ne prendre aucun risque. Ainsi, dès le lendemain de la rencontre avec les autorités, les pompes funèbres pouvaient déjà faire les funérailles. « De manière générale, nous récupérons les défunts à l’hôpital où ils sont déjà préparés et placés dans les mortuary bags. De là, nous faisons le transfert directement au cimetière, soit pour l’inhumation ou pour l’enterrement, explique Julien Rajaram. Un cercueil particulier est utilisé dans ce cas. Celui-ci est plus hermétique, mais contient un hublot pour permettre à la famille de voir le visage de leur proche décédé ».

La désinfection est de mise à chaque étape du transport jusqu’au cimetière, précisent les interlocuteurs. D’abord, le personnel est habillé avec les équipements de protection. Ensuite tout est désinfecté : de l’hôpital au véhicule, du véhicule au cimetière et même après.

Directives précises

Au niveau de Valère Undertaker, ils ont une équipe de 4 personnes et un véhicule dédié au cas COVID. Tandis que chez Elie & Sons, pour les cas qui devront passer par la morgue, un espace séparé est dédié. Ainsi, l’équipe d’embaumeurs qui s’occupera des défunts, sera dans une pièce distincte avec une table mortuaire et une entrée séparée, sans contact avec les autres. Aussi, ils sont aussi habillés en respectant le protocole (combinaison PPE, 3 paires de gant, masque N95, face Shield) et bien entendu, désinfection complète des lieux. « Pour cela, il y a des directives précises sur les différentes étapes de désinfection, sur comment enlever le PPE, l’enrouler, le brûler… » indique Frédéric Degeilh.

De plus, expliquent les deux interlocuteurs, le ministère de la Santé envoie aussi une équipe de sanitaires auprès d’eux. Une pour faire le transfert au cimetière et une autre, au cimetière. Celles-ci sont responsables de la désinfection et de s’assurer que le protocole est respecté. « Cela nous rassure que ces membres du personnel sanitaire nous accompagnent. Ils veillent aussi que tout se passe bien. Surtout si les familles font des difficultés, l’équipe est présente pour superviser les directives et surtout pour qu’il n’ait pas d’arrêt ou déviation en route », dit Julien Rajaram.

La peur du virus. Elle est présente, partage Julien Rajaram. Toutefois, « nous sommes là pour assurer ce service, d’autant que les personnes, dans ces moments-là, sont dans la peine et en difficulté. La peur est là, mais en respectant les protocoles sanitaires et en veillant qu’il n’ait pas de négligence, il n’y aura pas de souci ».

NH
Photos : Valère Undertaker

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