Kunal Naïk : « Écoutons notre corps, il ne mentira pas »

Kunal Naïk : « Écoutons notre corps, il ne mentira pas »

La Journée mondiale de la Santé mentale, le 10 octobre, est l’occasion de faire de la sensibilisation autour du besoin d’aborder ce sujet sans tabou. Et comme le souligne Kunal Naïk (photo), psychologue-addictologue et fondateur de SoluPsy Moris, il y a besoin de créer un espace de dialogue tout au long de l’année.

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Kunal Naïk, psychologue-addictologue et fondateur de SoluPsy Moris

Qu’est-ce que la santé mentale et qui concerne-t-elle ?

La santé comprend notre bien-être émotion nel, psychologique et social. Elle concerne directement notre façon de penser, de ressentir les choses et d’agir. Elle nous permet de comprendre et de déterminer comment gérer notre stress, nos relations et nos choix dans la vie. Elle est importante à chaque étape de notre existence. La santé mentale est indispensable pour une personne, au niveau individuel ou collectif et dans l’interaction avec les autres pour profiter pleinement de sa vie.

Contrairement à la santé physique, nous ne pouvons pas toujours voir l’état de notre santé mentale. Comment, alors, savoir si je vais bien ?

C’est vrai, mais il existe des signes qui peuvent nous trahir. Par exemple, se couper des choses qu’on aime, ou avoir un sentiment de vulnérabilité. Ces signes se reflètent plus sur notre entourage et c’est souvent un signe que notre santé mentale ne va bien. Pour faire simple, cela peut se voir à travers le fait que l’on ne se sent pas comme les autres jours, symptôme que quelque chose cloche dans notre santé mentale.

Pourquoi ce thème demeure-t-il un sujet tabou, même en 2021 ?

Il y a beaucoup de stigmatisation et un manque d’information sur le sujet. Quand on en parle, on a tendance à aller dans les extrêmes. Par exemple, quand quelqu’un va consulter un psychologue ou un médecin, on a tendance à lui coller l’étiquette de « fou ». Ces stéréotypes créent une incompréhension autour du sujet.

Par ailleurs, la santé mentale touche aussi la vulnérabilité de l’être humain. Dans ce sens, il y a beaucoup de difficultés à briser l’image de l’homme fort et de la femme forte. On ne veut pas admettre que l’humain peut être vulnérable et qu’il doit ressentir des émotions parfois fortes ou envahissantes. Nous vivons dans une société où nous ne donnons pas assez d’espace à l’humain pour ressentir ce qu’il doit ressentir. Nous portons beaucoup de jugements et de regards négatifs quand c’est le cas. Selon moi, le plus grand souci, c’est le fait que le sujet est tabou et qu’il n’y a pas assez d’occasions d’en parler. Il existe également d’autres sujets autour de la santé mentale comme le suicide qui affecte beaucoup de personnes. Ces thématiques sont difficiles à aborder et le manque d’espace ne facilite en rien ce dialogue.

Comment faire pour libérer la parole autour du sujet ?

Les espaces de dialogue sont importants et il y a des plateformes en ligne qui ont été créées pour aborder le sujet. Mais ce n’est pas suffisant, car ces initiatives ne touchent que ceux qui ont une connexion internet. Il faut aussi des campagnes de prévention tout au long de l’année sur le sujet. Par ailleurs, il faudrait aussi des espaces sécurisés où les professionnels peuvent avoir un dialogue ou donner des conseils aux personnes. Dans ce sens, on doit disposer d’un Safety net pour ceux qui sont à l’écoute des personnes dans le besoin. Il faut s’inspirer d’autres pays où des hotlines ont été mises en place pour écouter les personnes.

Pour libérer la parole, il est nécessaire d’avoir un espace de dialogue, mais aussi un investissement dans les ressources pour employer des professionnels. Cela créera des opportunités pour les professionnels, mais permettra aussi la mise en place d’études autour de la santé mentale. Ainsi, il y aura un accompagnement plus professionnel et plus structuré.

Kunal Naïk, quels seraient les conseils que vous donneriez pour prendre soin de sa santé mentale ?

Commençons d’abord par écouter notre corps, il ne nous mentira pas. Les simples douleurs ou le stress ressenti sont en lien avec notre santé mentale. Il faut aussi prendre du temps pour soi et se ressourcer, faire un break. Cela passe par une simple conversation pour extérioriser nos émotions. On peut également rédiger un journal pour y noter nos émotions et savoir quand on a besoin d’un break. Il est important aussi de faire des activités qui nous apportent du bonheur, comme lire un livre ou profiter d’un bon repas. Ces petites choses nous aideront à prendre soin de notre santé mentale. Il est important de ne pas retenir les émotions qui nous envahissent. Il faut trouver des espaces de dialogue et des personnes à qui on peut se confier en toute sécurité.

Propos recueillis par Yanick Bazile

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