Caroline Nadal : « Je suis tombée  dans la marmite étant petite ! »

Caroline Nadal : « Je suis tombée dans la marmite étant petite ! »

Caroline Nadal, Sœur de la Communauté du Chemin Neuf, a prononcé ses vœux perpétuels le 20 août dernier à l’abbaye des Dombes, en France. Une messe d’action de grâce a eu lieu le samedi 9 octobre dernier. À travers ce portrait, elle relit son cheminement et nous confie pourquoi elle a choisi la vie consacrée. Rencontre…

Caroline Nadal, entourée de sa famille.

«Dès le sein de ta mère, je t’ai appelé par ton nom. » C’est à travers cette parole du livre de Jérémie, au chapitre 1, que Caroline Nadal a ressenti au plus profond d’elle l’appel à la vie consacrée. Pourtant, cette parole, elle l’avait lue à plusieurs reprises. « Ce texte avait une saveur autre pour moi à ce moment-là », confie-t-elle.

Âgée de 34 ans, elle chemine avec la Communauté du Chemin Neuf depuis qu’elle en a 16. Son appel au célibat, elle ne l’entendra qu’en 2015, alors qu’elle vivait un temps d’adoration dans une abbaye du Sud de la France. Elle s’engage au célibat en 2016.

« Suis-je assez bien pour être religieuse ? »

Si elle a baigné dans une ambiance chrétienne depuis son enfance, au départ elle ne pensait pas que la vie religieuse était faite pour elle. « Je me suis posé la question plusieurs fois pendant mon cheminement et après, je me suis dit que ce n’était pas pour moi, que je n’étais pas assez bien pour être religieuse. J’avais aussi peur de tomber amoureuse. » Son cheminement a été long avant de prononcer ses vœux perpétuels. Ses parents ont été long temps engagés auprès des couples dans leur paroisse et la famille organisait des chapelets tous les mois. Quant à Caroline, elle était dans des mouvements tels que la Jeunesse mariale, ou encore les scouts. Elle grandissait ainsi dans un environnement propice à la vie missionnaire.

Pourtant, les événements de la vie ne lui ont pas fait que des fleurs. Caroline Nadal a ainsi connu deux pertes douloureuses lorsqu’elle était enfant : une petite sœur âgée d’un mois qui décède et une amie proche de la famille qu’elle perd dans un accident alors qu’elle n’avait que 9 ans. Inconsciemment, Caroline perd petit à petit la foi, et c’est à l’âge 16 ans qu’elle renoue les liens avec le Christ en allant à un festival de jeunes organisé par la Communauté du Chemin Neuf.

Elle raconte d’ailleurs ce qu’elle y a vécu : «  J’ai rencontré le Seigneur à travers le sacrement de réconciliation. Le prêtre qui me confessait a pleuré quand j’ai partagé un peu mes malheurs et comment le péché s’était infiltré. En voyant ce prêtre pleurer, j’ai senti dans mon cœur que c’était le Christ qui pleurait avec moi. J’ai été retournée comme une crêpe. J’avais à nouveau soif de Jésus. J’ai basculé, à ce moment-là, de la foi de mes parents à ma foi personnelle. »

Appelée à un « davantage »

Et c’est ainsi que commence son petit bout de chemin. Avant de rejoindre la CCN en France, Caroline Nadal travaillait à la banque. Elle aimait beaucoup ce boulot et ses collègues. S’en séparer pour suivre le Christ n’a pas été facile. Quitter sa famille et son île non plus d’ailleurs. Toutefois, au fond d’elle, elle sentait qu’elle était appelée à un « davantage ». « L’appel du Christ était plus fort et la joie de le servir passait en premier. » Mais même en France, la tentation du monde était là : avoir un travail, une voiture, etc. Son désir d’être au Christ a toutefois toujours été plus fort.

Elle choisit ainsi le Chemin Neuf comme terre pour sa spiritualité, pour le vivre-ensemble, la joie de la fête, l’œcuménisme et la joie de l’unité, et finalement ce bonheur de vivre et de porter la mission ensemble : célibataires consacrés, prêtres, couples et familles.

Aujourd’hui, Caroline s’est engagée à vie parce que cette joie est toujours là. « C’est le signe que le Seigneur m’appelle vraiment dans cette voie », confie-t-elle.

La Communauté, tout au long de son parcours, lui a confié plusieurs missions. Elle a été au service des maisons communautaires en France, responsable d’un foyer d’étudiants à Aix-en-Provence. Elle a également travaillé à mi-temps pour le diocèse d’Aix à la pastorale étudiante. Bref, un parcours centré sur le service auprès des jeunes.

La grâce de la fraternité

Aujourd’hui, elle habite à l’abbaye de Melleray qui est le centre international du noviciat de la CCN, avec de jeunes frères et sœurs qui entrent dans la vie religieuse. Elle fait ainsi partie de l’équipe de formation du noviciat qui s’occupe de la formation spirituelle des frères et sœurs qui entrent dans la vie religieuse.

Cette année, Caroline la vit dans la joie, joie d’être épouse du Christ et joie d’être missionnaire pour son Seigneur. Et elle nous la partage. « Ce qui est ma joie c’est d’être là où le Seigneur m’attend. Mon époux m’attend en France aujourd’hui, mais un jour, peut-être que ce sera aux Philippines ou quelque part ailleurs dans le monde. » Elle ajoute néanmoins que ce n’est pas toujours simple pour elle d’être loin de sa famille. Elle croit cependant qu’il y a une grâce qui est donnée.

La grâce de son engagement à vie a été la fraternité. « À cause de la situation sanitaire, ma famille n’a pu se déplacer. Ce n’était pas simple pour moi. J’ai goûté à la fraternité universelle à travers ces frères et sœurs que le Seigneur me donnait. Ils ont pris soin de moi. » Caroline est dans cette joie qui ne la quitte pas. «  Je rends grâce pour la fraternité. Une joie m’habite depuis que j’ai dit oui et cette joie ne me quitte pas. »

Photo de famille de ceux qui se sont engagés à vie en même temps que Caroline.

Anaïs Rock
Photos : DR

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