Hospice Saint-Jean-De-Dieu : Se donner corps et âme pour aider

Hospice Saint-Jean-De-Dieu : Se donner corps et âme pour aider

La Covid-19 n’impacte pas seulement ceux qui portent un handicap. Il y a aussi les personnes âgées dans les maisons de retraite qui ne peuvent sortir ou recevoir la visite de leurs proches. Petite incursion à l’hospice Saint-Jean-de-Dieu, à la rencontre des aides-soignants et des résidents.

Danielle Chellapen et Fabiola Brasse, toutes deux aides-soignantes à l’hospice Saint-Jean-de-Dieu, reviennent sur la situation difficile vécue pendant la période de confinement et les cas positifs recensés. «  En ce moment, c’est très difficile pour les résidents, car leur famille leur manque beaucoup. Ils sont habitués à recevoir de la visite ou à aller rendre visite, mais avec la hausse des cas, c’est quasiment impossible. »

Elles qui travaillent jour et nuit avec les résidents, qui sont à leurs côtés et voient cette immense tristesse dans leurs yeux. Leurs vies ne sont plus les mêmes avec la Covid-19. « Bann-la abitie sorti dan gramatin, al aste zot zournal, zot sigaret laboutik. Me avek Covid ek bann restriksion, zot pa kapav sorti. Zot oblize res la enn zourne, zot agase. Lerla nou bizin trouv bann aktivite pou fer zot fer pou zot pa agase », souligne Fabiola Brasse.

Avec la hausse des cas, les personnes âgées, surtout celles qui ont une santé fragile, sont les plus à risque. De nouvelles dispositions sont d’ailleurs prises afin que les maisons de retraite soient protégées. À l’hospice, en septembre dernier, il y a eu plus de 40% de cas positifs asymptomatiques. C’était une situation vraiment difficile. La maison de retraite était fermée aux visites et les résidents ne pouvaient pas quitter les lieux.

Égayer leurs journées

Aujourd’hui, les restrictions sont levées, mais les proches viennent voir leurs parents uniquement dans le jardin. « Nou kapav fer tou kalite aktivite, pran zot swin, vey lor zot, me sa mank zot fami-la pez lour lor zot. Zot inn abitie dan weekend ena sa bann ti sorti familial-la. Avek Covid, bann-la inn bien soufer de sa. Se pou sa nou fer nou mie posib pou ki zot pa santi zot tousel », confient-elles.

Être auprès des résidents toute la journée n’est parfois pas facile mais, eux savent qu’ils peuvent compter sur l’aide des personnes présentes. Parfois avec le manque de contact avec la famille, les résidents peuvent devenir agressifs, d’autres s’isolent dans leurs chambres tandis que certains boudent dans leur coin.

Alors, les aides-soignants font de leur mieux pour égayer leurs journées. « Se enn vre soufrans pou zot. Nou inn trouv bann rezidan perdi, destabilize. E sirtou kan ti ena bann ka pozitif, nou finn fer nou maximum pou ki nou la ar zot », confie Danielle Chellapen.

La plus grande souffrance a été le nombre de cas recensés à l’hospice en septembre. « La situation était chaotique au début. Nous avons dû séparer les positifs et les négatifs. Certains ne comprenaient rien face à l’ampleur de la situation. Mais il fallait les protéger en premier lieu. Les résidents se sentaient perdus. » 

Protéger les autres

Malgré la maladie, Danielle et Fabiola ne craignaient pas de s’occuper à tout prix des résidents. « Si nou pa ti fer li, kisann-la ti pou fer li ? », se demandent-elles. Pas question de laisser les résidents seuls. Ensemble avec les autres carers, elles se sont données corps et âme. C’étaient des moments très durs. Heureusement que le personnel de l’hospice a pu compter sur le soutien des familles des résidents. «  Bann rezidan-la se nou fami, nou papa, nou granper. Se nou de vwar det la pou zot. Si ou pena lamour pou sa travay-la, ou pa pou kapav fer li », soulignent les deux aides-soignantes. Avec la situation actuelle, Danielle et Fabiola conseillent de ne pas sortir afin de se protéger.

José LeGrigore, un des résidents, est passionné de lecture. Pour lui, l’isolation et le confinement ont été très difficiles. « C’est normal que nous soyons privés de sorties. Mais c’est quand même difficile de ne pas pouvoir aller acheter mon journal du matin, moi qui adore la lecture », dit-il.

Il est vrai que les familles ne peuvent pas venir rendre visite en ce moment, mais José LeGrigore s’adonne à d’autres activités pour compenser ce manque. « Je regarde la télé, j’écoute la radio. Le plus dur a été de rester dans ma chambre, mais il fallait s’adapter. D’ailleurs, ici à l’hospice, nous sommes bien traités. Nous nous protégeons afin de protéger les autres » souligne José LeGrigore.

Arline Esther-Gérard

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