Retour sur la vie du père Gérard de Fleuriot

Retour sur la vie du père Gérard de Fleuriot

Être prêtre, un choix dynamique  : tel est le titre du dernier livre du père Gérard de Fleuriot. L’autobiographie d’un homme d’Église qui compte plus de 60 ans de sacerdoce et dit n’avoir jamais regretté ce choix. Rencontre, au fil des pages, avec un homme plein d’humour et de tendresse. Zoom…

Auteur de plusieurs ouvrages dont Nos fruits et légumes : l’action sur notre santé » ou encore Aventures d’un colon à l’Isle de France (1750-1790) , le père Gérard de Fleuriot s’est cette fois lancé dans la rédaction de son autobiographie. Ainsi est né « Être prêtre, un choix dynamique », puisé des innombrables notes que l’auteur a rédigées au le long de sa vie.

En effet, pendant des années, le père Gérard de Fleuriot a soigneusement conservé, comme dans un journal intime, ses rencontres, ses joies, ses peines, etc. Et ce sont des amis – conscients du parcours exceptionnel du prêtre – qui ont finalement pu l’encourager à publier son dernier ouvrage.

« Je n’ai pas voulu faire une biographie où je serais sur le divan d’un psychologue. J’ai voulu montrer ce que j’ai fait au fil de ma vie. Voilà pourquoi je commence mon histoire… avant ma naissance », explique-t-il, en évoquant son livre.

Rencontres et expériences

L’ouvrage commence son récit à partir de la naissance de l’auteur. Les lecteurs font connaissance avec ses parents, sa nenenn, ses frères aînés, son village natal, ses amis d’enfance… L’auteur partage aussi des instants de sa vie d’enfant comme son baptême, sa scolarité et ses premières découvertes de la diversité mauricienne.

Bien évidemment, l’homme d’Église ne pouvait passer sous silence son appel à la prêtrise. Retour donc sur ce fameux camp scout de 1951 où le désir de la vie religieuse lui sera révélé.

L’auteur parle de Jean Margéot, alors jeune prêtre, qui l’inspire : « Un grand trouble s’abat alors sur moi. Quelle question ? C’est un sujet épineux que j’évite depuis des mois… Que vais-je faire  ? Travailler à la banque  ?… Sur une propriété  ?… L’image de Jean Margéot me vient aussitôt à l’esprit. Lui ne se pose pas ce genre de questions. Je le revois dans son rôle d’aumônier au camp, mais sa mission de prêtre ne me tente pas, car je me vois marié et père de famille. Mais plus j’y pense, plus j’apprécie comment, dans la pratique, il remplit si bien son rôle de prêtre… Mon esprit se disperse. Puis soudain, je me dis : Gérard, il te faut choisir d’être prêtre ».

Au fil des pages, le père Gérard de Fleuriot emmène ensuite les lecteurs au Séminaire à Paris et au Séminaire à La Croix-Valmer jusqu’à son ordination et ses affectations en paroisse. Un des moments forts dans la vie de ce prêtre a été incontestablement son parcours au sein de la JEC (Jeunesse étudiante chrétienne) et de la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne).

L’importance des missions

Là encore, les rencontres, les expériences, les missions vont tenir une place importante dans sa vie. De cette époque, le prêtre écrit : « Cette découverte de la JEC est bientôt suivie par celle de la JOC… À leurs réunions, je ne fais que passer. Le président du groupe des garçons, Phillipe Cotégah, est un charpentier. Qu’ont-ils à m’apprendre de plus que je n’ai déjà appris au séminaire  ? Quelle naïveté j’étale encore à cette époque avec des pensées de ce genre ? »

Les 25 années passées en Afrique du Sud sont aussi abordées. Le prêtre parle de son expérience de l’apartheid, des tensions, des troubles, du burn-out. Mais il ne manque pas de revenir sur les belles rencontres et les magnifiques expériences vécues en Afrique du Sud, en Europe comme à Maurice.

Une feuille de route

Le père de Fleuriot parle également du côtoiement des jeunes prêtres d’alors. Il cite ainsi les pères Jean-Claude Véder et Sylvio Lodoïska. « Je suis le seul prêtre à la paroisse en 1993, Jean-Claude Véder et Sylvio Lodoïska viennent comme vicaires en 1994 et 1995 respectivement  : j’en suis fort heureux.

À leur arrivée, je leur fais part de l’orientation que je donne à la paroisse et nous sommes tous d’accord sur l’essentiel. Entre autres, nous mettons en place un ‘comité liturgique’ qui se révèle d’une grande aide pratique… »

« Je suis prêtre et je ne l’ai jamais regretté. J’ai vécu une vie quasi-familiale parce qu’adopté dans toutes les communautés que j’ai côtoyées et où j’ai eu la joie d’exercer mon sacerdoce ici et ailleurs. J’ai eu le bonheur de m’identifier au quotidien de nombreuses familles, à leurs déceptions, à leurs espoirs et à leurs aspirations », partage notre interlocuteur, en faisant la rétrospective de sa vie.

Pourquoi s’est-il finalement donné tant de peine à écrire sa vie ? Pour laisser quelque chose aux autres prêtres. Un testament. Une feuille de route. De quoi les inspirer… Le tout dans un profond désir de partage.

L’autobiographie du père Gérard de Fleuriot est en vente à Rs 500 dans toutes les paroisses de l’île.

NH

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