Joëlle Coret : La chanson comme passeport

Joëlle Coret : La chanson comme passeport

Dubaï, Tunisie, Seychelles… autant de pays où la voix de Joëlle Coret s’est fait entendre. Son passeport  : la chanson. Une passion qui l’a gagnée dès l’adolescence.

Dans le monde du spectacle tous la connais sent comme MJ. De son enfance, Joëlle Coret, Curepipienne d’origine, confie qu’elle est l’aînée d’une fratrie de quatre enfants. La famille était modeste, et le père, travaillant dans la plantation et l’élevage, avait néanmoins à cœur l’éducation de ses enfants, les soutenant de son mieux dans leurs scolarité. La jeune Joëlle rêvait d’ailleurs de faire de grandes études. « J’aspirais à devenir avocate. ». Malheureusement, les moyens ont fait défaut. « Mais cela est resté toujours dans mon cœur. »

Un autre rêve habitait aussi déjà le cœur de la petite Joëlle. Celui d’évoluer dans le domaine de la musique. D’ailleurs, à la moindre occasion, elle poussait la chansonnette et alors que les petites filles rêvaient d’avoir des poupées, elle aspirait à avoir un micro.

Ses premiers pas face à un public, elle les fera lors de cérémonies de mariage en chantant à la paroisse Sainte Thérèse. Et c’est grâce à Guy Quirin, musicien, qu’elle finit par évoluer ailleurs que lors des mariages. « J’étais encore toute jeune à l’époque et j’allais donc chanter le week-end ou lors des fancy-fairs pour me faire de l’argent de poche. Après le collège, c’est aussi avec cela que je me suis payé des cours en secrétariat et en droit. »

Travailler dur

Sa carrière dans l’univers musical en circuit hôtelier prendra son envol en 1999, à la suite de sa participation à l’émission Tremplin sur les chaînes de la MBC. Elle y fait la rencontre d’Allan Mareemootoo, de Musipro. Ce dernier l’invite à venir chanter à l’hôtel dans son orchestre. « J’avais 19 ans et je mettais les pieds à l’hôtel pour la première fois. Je trouvais cela grandiose, magique. Je ne me croyais pas à Maurice, surtout que je suis issue d’un milieu modeste… Du coup, j’ai travaillé dur, construit mon répertoire, appris de nouvelles chansons pour être à la hauteur  ».

Ses efforts finiront par porter du fruit. Elle est invitée à se produire à Dubaï. « Au départ, je pensais que ce n’était que pour décembre, mais j’ai compris que j’allais rester pour un moment. Après Dubaï, j’ai donc suivi le groupe à Bahreïn pour une année, avant de continuer avec eux aux Seychelles. 

De retour au pays pour des vacances, l’artiste fonde son propre orchestre, le Kreol Star Band. Le monde s’offre de nouveau à elle. Destination Dubaï et la Tunisie. « Comme j’avais déjà eu de l’expérience à l’étranger et que je savais comment c’était à Maurice, j’ai voulu revivre cette aventure. Là-bas, c’est différent, les artistes sont vraiment considérés et on peut en faire son métier. »

Différentes collaborations

C’est en Tunisie qu’elle se sentira comme à la maison. Elle aura l’occasion de forger son caractère, de vivres de belles expériences professionnelles, de se professionnaliser. D’ailleurs, c’est cette ouverture d’esprit qui lui permettra, à son retour à Maurice, de fonder l’Union of Artists. « Je suis convaincue que c’est ce dont nous avons besoin à Maurice, parce que nous ne sommes pas considérés, nous ne sommes pas reconnus. Maintenant avec la situation que nous avons vécue, c’est plus que jamais d’actualité que les artistes aient un statut et soient reconnus », clame Joëlle Coret.

Entre ses différents va-et-vient à Maurice, la chanteuse va aussi produire un album de ses chansons et collaborer comme choriste aux côtés d’autres artistes comme les Otentik Street Brothers (OSB), Alain Ramanisum ou encore Thierry Gauliris, de Baster (groupe Réunionnais).

L’aventure tunisienne de Joëlle prendra fin toutefois avec le Printemps arabe en 2013. «  C’est avec un pincement au cœur qu’on est revenus à Maurice. La Tunisie est un pays que j’aime bien. On s’y sent comme chez soi, mais vu la situation, il fallait rentrer. »

Devenue maman entre-temps, Joëlle Coret fait le choix de déserter la scène au retour au pays. « Grâce à mes études, j’avais pour objectif de travailler dans l’administration des hôtels.  » Mais c’était sans compter l’ivresse de la scène qui finit par la ramener à ses premiers amours. « La musique me manquait tellement que j’ai vécu un grand moment de remise en question et de dépression. »

Retrouver ce qu’elle aime : chanter

Joëlle Coret va ainsi entamer un grand travail sur elle-même et se reprendre en main. «  Quand la défaite m’a jetée à terre, je me suis relevée. Aujourd’hui, ma déception est devenue ma force de motivation », partage-t-elle. La motivation, elle va la puiser dans la prière, mais aussi le sport. Depuis quelque temps, elle suit un programme de remise en forme. Elle est aidée d’un coach sportif et de Cathy et Jack Ramdin, avec un programme de coaching et nutrition.

Après tout ce qu’elle a vécu, Joëlle réalise que la chanson et la musique, c’est ce qui fait ce qu’elle est. « On ne peut pas être faux quand on est artiste. On a besoin d’être vrai avec soi-même, parce que c’est ce qui fait que nous pouvons partager notre art et que les personnes sont touchées. C’est important d’être authentique. »

Depuis l’année dernière, encouragée par son fils, elle a repris la scène dans les hôtels. Avec d’autres amis artistes, elle a aussi fondé Nou l’art nu viv,- à cause de la fermeture des frontières et des hôtels. La chanteuse a aussi écrit et composé une chanson dans le cadre de la fête des Mères cette année, Mama. Elle tente petit à petit de reprendre ce qu’elle aime le plus : chanter.

Nadia Hilaire

Shopping cart
Il n'y a pas d'articles dans le panier !
Continuer les achats
0