Pas la peur,  mais la charité

Pas la peur, mais la charité

D’habitude à pareille période, la société mauricienne se met à l’heure de la solidarité. Les quartiers ou les familles s’organisent et pensent aux plus démunis de leur entourage. Les entreprises encouragent leurs employés à en faire de même auprès des institutions charitables, des esseulés de la vie… Tous ont un même objectif : amener un sourire sur les visages, un peu de la magie de Noël dans les cœurs, goûter à la gratuité et à la proximité dans les relations humaines.

Mais, hélas, la Covid-19 et ses nombreux variants sont passés par là, brisant le traditionnel élan de générosité. Pour preuve, il n’y a qu’à voir à quel effort doivent faire preuve les dames qui sollicitent la générosité des clients pour des actions solidaires et à quel point leurs caddies restent désespérément vides…

Certes, la situation économique est loin d’être gaie ; le licenciement a frappé pas mal de secteurs  ; ceux qui ont encore la garantie d’un emploi se montrent prudents dans leur gestion ; le coût de la vie a pris l’ascenseur de manière vertigineuse…

Mais peut-être qu’au-delà de toutes ces raisons bien réelles et certainement compréhensibles, se cache aussi une grande peur. La peur d’aller vers les autres dans un contexte de pandémie ; on ferme ses oreilles, ses yeux, son cœur, sa porte. La peur de ne pas en avoir assez, au cas où la situation changerait dans le futur et qu’on s’est montré généreux aujourd’hui ; on vit déjà en avance une attitude de poings fermés… Une peur qui fait le lit du repli sur soi.

Et il est bon ici d’entendre cette injonction du pape François. Elle avait été dite pour Noël 2017, mais garde encore toute sa pertinence : « Noël, c’est le temps pour transformer la force de la peur en force de la charité, en force pour une nouvelle créativité de la charité. »

Oui, il s’agit aujourd’hui de vivre la solidarité avec une créativité renouvelée et dans le respect des gestes sanitaires. Ne pensons pas grand ; tout geste, aussi petit soit-il, a de la valeur. Prenons avantage de la technologie qui nous offre bien des manières de vivre la proximité. Resoudons ces liens l’humanité que la Covid-19 est venue mettre à mal. C’est peut-être là le sens à donner à Noël 2021.

Danièle Babooram

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