Rendez-moi mon école !

Rendez-moi mon école !

Il y a de quoi être interpellé, en le voyant noir sur blanc : « Seuls 10 jours d’école en présentiel pour des enfants de Grade 1 depuis le début de l’année scolaire, sur 180 jours en temps normal » !

Et j’ai revu Camille, joyeuse parmi ses amis à la maternelle, choyée par sa Miss, qui le lui rendait en retour. Une Camille, heureuse d’ailleurs, et gonflée à bloc à l’idée de faire ses premiers pas chez les « grands », à l’école primaire. Son rêve est tombé comme un soufflé avec la Covid-19.

L’école des grands, elle n’y a passé que quelques jours ; en effet, 10 selon l’express. La Miss n’a pas eu le temps de l’apprivoiser. Les nouveaux amis aussi, elle n’en connaît que les visages derrière l’ordi de ses classes en ligne. L’école des grands ne fait plus rêver…

L’histoire est ainsi loin d’être fictive. Elle est le vécu des premiers entrants du primaire et du secondaire. Elle est aussi celle de notre masse scolaire qui voit tout un pan de sa vie amputée de l’interaction humaine : amitié, partage, solidarité dans l’apprentissage, mais aussi ses inévitables conflits, ses peines  qui, au final, forgent le caractère…

Devrions-nous nous étonner demain en cas de hausse du décrochage scolaire et de la qualité de nos ressources humaines ? Pour cause de lacunes dans la qualité du home schooling et des conditions d’apprentissage (appareils connectés, réseau, suivi parental…), de disparité dans l’offre creusant davantage l’écart social.

Les enfants sont à bout. Ils rêvent de retrouver leurs classes, leurs amis. Les parents n’en peuvent plus de jongler entre travail, enfant et enseignement à la maison. Les enseignants aussi le sont. « Hier, j’étais professeur. C’était ma passion, écrit Aurélie Gallet (…) Aujourd’hui, pour la première fois depuis près de vingt ans, je ne veux plus être professeur… Je vous en prie : rendez-moi mon école ! »

Danièle Babooram

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