Racontons nos histoires

Racontons nos histoires

Heureuse coïncidence que, cette année, la fête du Printemps et l’Abolition de l’esclavage se célèbrent le même jour. Ainsi, à La Vie Catholique, nous avons choisi de faire mémoire à travers les parcours de Charles Ng Tai Mui, fondateur d’Atom Travel, la famille Chung, propriétaire du restaurant Mandarin, et Pierre Lee Shing Po, de Redline Distribution Ltd (voir en pages 20 à 25). Ils nous racontent leurs histoires.

Nous avons là des tranches de vie avec bien des similitudes. Une vie de dur labeur. Des enfants qui baignent dans le monde du travail de leurs aînés. Et ceux-là même à qui des valeurs sont transmises dans le quotidien. La solidarité familiale qui se joue à fond et dans la durée. Des femmes piliers  : la maman du jeunes Charles, veuve à 24 ans, refusant d’envoyer ses fils en Chine, se retrousse les manches et donne dans l’élevage de cochons, alors qu’Hélène, sans aucune connaissance du métier, reprend le business de la restauration de son époux François, parti se parfaire au Kenya. Les difficultés qui deviennent aussi creuset pour de nouvelles aventures…

Il est bon de raconter le vécu de ces hommes et femmes, de ces familles qui ont, à leur manière, façonné notre histoire commune. Car ce sont des histoires de résilience. Elles nous rappellent encore que les difficultés ne sont pas une fin en soi ; qu’elles peuvent être école de vie si on choisit de les affronter. Mieux encore, qu’elles peuvent aussi être une « chance » si elles sont portées collectivement.

Et il est à déplorer, alors que nous gloserons ces jours-ci sur le combat de nos aînés, bâtisseurs de notre pays arc-en-ciel, qu’au vu et au su de tous, certains gomment notre mémoire contemporaine. Ce, en arrachant la plaque qui rend hommage au combat de toute cette marée humaine qui s’est levée, comme un seul homme, pour contrer une autre marée – noire celle-là – qui menaçait nos côtes avec le naufrage du Wakashio.

Racontons nos histoires. Surtout familiales. Pour prendre consciences des grandeurs et des lourdeurs. Racontons pour que d’autres ne les racontent pas comme bon leur semble. Racontons. Par devoir de mémoire et d’héritage.

Danièle Babooram

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