Radionuzil déjà en péril

Radionuzil déjà en péril

Alors que Journée mondiale de la Radio a été célébrée ce 13 février 2022, focus sur Radionuzil. Cette webradio, lancé en 2020, avait pour mission de connecter les diocèses de la Conférence des évêques de l’océan Indien (CEDOI), mais deux ans après, ce projet innovateur a toujours du mal à décoller, comme l’explique Marie-Josée Baudot, responsable de la programmation.

«Radionuzil ne marche pas en ce moment ! » Tel est le constat que fait Marie-Josée Baudot. En manque de financement, d’outils appropriés et de collaborateurs, Radionuzil est en train de mourir.

C’est lors d’une formation donnée par CREC international en 2019 à des représentants des diocèses des îles de l’océan Indien, que Radionuzil voit le jour. Les évêques s’étaient engagés, lors d’une précédente réunion de la CEDOI, à relayer des informations de leurs diocèses à travers cette radio. La réalité sera tout autre  ! Marie-Josée Baudot déplore ainsi que les promesses n’aient pas été tenues et que les collaborations attendues sont restées vaines. « Au départ, nous étions un groupe de personnes qui devait travailler en étroite collaboration. Mais finalement, nous nous retrouvons à trois seulement. Abel Sullivan gère la partie technique, Anaëlle Babooram s’occupe de la mise en ligne et moi de la programmation. C’est vraiment difficile de devoir faire tout ça à trois. » 

Difficile de faire la programmation

Heureusement, cette équipe peut néanmoins compter sur la collaboration de prêtres et de laïcs pour des émissions, des réflexions ou des partages. La radio diffuse aussi des émissions de Radio Notre-Dame. « Nous essayons tant bien que mal de faire la programmation de 9h à 19h. Ce n’est pas toujours facile de chercher des programmes pour alimenter la radio. Heureusement que je reçois tous les programmes de Radio Notre-Dame. » 

Radionuzil diffuse aussi le chapelet, les messes du Sanctuaire de Lourdes et des émissions avec des collaborateurs locaux. Au départ, Radionuzil devait être la radio des îles de l’océan Indien, mais en l’absence de collaborateurs et de coordination, l’équipe actuelle fait avec les moyens du bord. « Pendant le confinement en 2020, aucune des îles ne participa à la programmation. Nous nous sommes retrouvés seuls à tout gérer. Radionuzil devient donc une radio sous la responsabilité de Capav. Aujourd’hui, la question que je me pose est  : doit-on continuer à l’appeler Radionuzil ou RadioCapav ? Je n’ai pas de réponse en ce moment ! » 

En tant que responsable de  la programmation, Marie-Josée Baudot essaie de trouver des collaborateurs – notamment au sein des différentes diocèses de la CEDOI – mais ses relances demeurent sans réponse, déplore-t-elle.

La question des finances est problématique

Les finances sont aussi problématiques, d’où l’appel à l’aide incessant que fait Marie-Josée Baudot. « Trouver du financement est aussi primordial, car premièrement, il n’y a pas un studio pour Radionuzil. Nous utilisons notre matériel pour les enregistrements. Idem pour le téléphone portable, les ordinateurs, etc. Nous n’avons rien pour Radionuzil. Par exemple, les collaborateurs enregistrent la programmation sur leur téléphone et l’échange se fait à travers WhatsApp. » 

L’heure est donc grave pour Radionuzil. « Nous ne pouvons plus tenir. C’est difficile d’aller à la pêche aux programmes tous les jours. Tous ceux qui se sont engagés au départ ont disparu. Radionuzil survivra-t-elle ? C’est la grande question que je me pose en ce moment. Ça n’a pas l’air de prendre dans les îles car elles aussi, ont leur propre radio pour la diffusion. » 

Devrait-on aller vers un rebranding de Radionuzil, et en faire une radio pour l’île Maurice  ? À cette question, Marie-Josée Baudot explique qu’il n’y a toujours pas de réponse. «  Je suis fatiguée d’écrire en vain pour avoir des réponses. Qu’en est-il de l’avenir de cette radio ? Je n’ai pas de réponse. Personne n’est conscient de l’importance des réseaux sociaux, d’une radio sur le web. C’est notre lien avec l’international, et nous nous faisons écouter à travers la radio. On souffre beaucoup de cela. »

Course contre la montre

Marie-Josée Baudot se désole du fait que personne ne veut voir avancer ce programme. C’est une course contre la montre. «  Qui croit dans Radionuzil aujourd’hui ? Il y a des petites radios web qui marchent très bien sur les réseaux sociaux. Mais pourquoi pas dans ce cas ? Soyons conscients de ce que nous avons ! » 

Pour l’heure, pour que la radio ne meure pas, notre interlocutrice estime qu’il faut mener une campagne dans toutes les paroisses de l’île afin de faire connaître Radionuzil. «  Que les gens soient conscients de ce que nous avons. » 

Arline Esther-Gérard

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