Carême : Un même Christ, différentes pratiques

Carême : Un même Christ, différentes pratiques

Nous croyons au même Christ. Notre vie chrétienne comporte similarités et différences. Nos pratiques tantôt se recoupent, tantôt divergent. Découverte du temps de Carême chez les anglicans et presbytériens.

D’emblée, nos interlocuteurs – Mgr Sténio André, évêque de l’Église anglicane, le pasteur Rodney Curpanen, l’assistante pasteure Ginette Dennemont, et Rimdra Razanatovo, secrétaire administrative de l’Église presbytérienne – insistent sur le respect des consignes sanitaires liées à la Covid-19.

Respect des restrictions imposées

«  Comme l’Église catholique, nous respectons les restrictions imposées par les autorités. A ce jour, la majorité de nos paroisses se réunissent dans un lieu autre que le bâtiment de l’église, explique ainsi Mgr André. Certaines paroisses utilisent les réseaux sociaux et Zoom pour atteindre ceux à la maison. Pendant le Carême, nous continuerons à favoriser des regroupements ne dépassant pas 50 personnes. »

Même son de cloche du côté des presbytériens, pour qui « l’Église se vit en ligne ». Avec comme atout la possibilité de « visiter virtuellement d’autres paroisses à travers les cultes en ligne. Chose moins pratiquée en temps normal ».

Le Carême démarre aussi avec le Mercredi des Cendres chez les anglicans. « Il y aura messes dans toutes nos églises, avec l’imposition des cendres, souligne Mgr Sténio André. Ce sera l’occasion propice de se poser des questions : Comment je vis ma relation avec Dieu  ? Avec les autres  ? Quelles actions concrètes pour venir en aide aux autres et les soulager ?

Temps de conversion

De fait, nous touchons là la vie de prière, de pénitence et de charité. Le Carême est donc un temps de conversion. Pas par notre propre force, mais par celle de Dieu. C’est un temps pour  laisser Dieu habiter en nous et nous laisser guider par le Saint-Esprit. Un temps pour créer l’espace pour que l’esprit de Dieu agisse en nous, et ainsi faire sa volonté. Bien sûr, c’est aussi un temps de préparation pour vivre le fondement même de notre foi qui est la résurrection. »

Pas de cérémonie des cendres, ni de « Mercredi des Cendres  », souligne pour sa part Rimdra Razanatovo. Il invite à parler de « temps de Carême », faisant mémoire des 40 jours du Christ dans le désert. Ceci avec comme temps fort la Semaine sainte et la résurrection du Christ.

Coup de pouce à la vie spirituelle

Le pasteur Curpanen et l’assistante pasteure Ginette Dennemont nous explicitent ce temps  de Carême. Pour eux, «  c’est un moment important pour prendre du recul. Mais aussi revoir notre engagement, donner un coup de pouce à notre vie spirituelle et au sens de notre vie. Grâce reçue, grâce partagée, c’est donc un temps non seulement de recueillement, mais aussi l’occasion d’accomplir des actes à la suite du Christ qui transforme le monde. »

Un temps donc de préoccupation accrue pour des sujets tels que la justice, la paix et non-violence, l’environnement, la discrimination, la pauvreté et autres préoccupations sociales. Ainsi, le Carême est un moment privilégié pour examiner ce qui se passe dans la relation personnelle et communautaire avec le Christ, que nous nous préparons à célébrer à Pâques.

Choix personnel du jeûne

Autre différence, si nous pouvons nous exprimer ainsi, est dans la place accordée à la pénitence au sein de nos trois Églises. « Poussées par l’un des piliers de la réforme, Sola Gratia, la grâce seule, les Églises protestantes ne ressentent pas le besoin de pratiquer la pénitence ou d’autres actes pour gagner la faveur de Dieu. Basé sur l’autre pilier, la foi seule, le presbytérien vit en exprimant sa gratitude pour le salut gratuit et ne voit pas dans le Carême la nécessité d’accomplir des œuvres pour obtenir le salut. Ainsi, le temps du Carême est observé par des études bibliques, des réflexions autour de thèmes selon la paroisse, des moments de prière, la prédication de la Parole, les enseignements du Seigneur. Le jeûne est un choix personnel et ne se limite pas au temps du Carême. »

La culture de la Lettre pastorale et du cheminement à faire autour n’existent pas chez les presbytériens non plus. Par contre, depuis 4 à 5 ans, poursuivent le pasteur Curpanen et Ginette Dennemont, un programme commun à toutes les paroisses est proposé à travers des méditations hebdomadaires, et ce, sans que cela n’enlève le droit à chaque paroisse de fonctionner indépendamment.

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