Not so glory…

Not so glory…

Not so glory… Nous entonnerons, à tue-tête ou secrètement dans notre cœur, l’hymne national à l’approche de ce 12 mars. Toutefois, Maurice offre l’image d’un pays à l’avenir incertain, alors qu’il célèbre son 54e anniversaire. Déjà fortement ébranlé par la pandémie de la Covid-19, il va aujourd’hui être une victime collatérale de la guerre russo-ukrainienne.

Et tout cela aura, parmi tant d’autres conséquences, l’élargissement du fossé social entre les personnes aisées, celles qui se débrouillent tant bien que mal (mais pour combien de temps), et les autres. Prenons deux exemples : nous avons beau nous vanter de la gratuité du système éducatif et de notre système de santé, mais les faits montrent clairement aujourd’hui qu’autant l’un et l’autre ont de grosses lacunes.

Bon nombre de nos enfants, fréquentant les écoles publiques, sont d’ailleurs perdus, découragés, lâchés. L’effet yoyo qu’a subi le calendrier scolaire n’est pas sans conséquences.

Notre jeunesse et sa matière grise est notre unique richesse. Une richesse qui se perdra et qui entraînera des conséquences sociales désastreuses s’il n’y a pas la volonté politique nécessaire pour prendre soin de chaque enfant mauricien, indépendamment de son milieu social et de ses origines.

Par ailleurs, au niveau de la santé, les doléances pleuvent. Les dossiers de cas soupçonnés d’erreurs médicales s’accumulent. Et des histoires de drames familiaux pullulent sur les réseaux sociaux.

Le dernier en date, celui de cette maman décédée quelques jours à peine après son bébé de 13 mois. La santé, c’est ce que chacun de nous a comme bien le plus précieux. Il est inadmissible que certains Mauriciens soient privés d’un service respectueux et efficace. Il ne s’agit pas, alors que nous célébrons la fête de l’Indépendance, d’avoir un discours aux notes antipatriotiques, mais de mettre en évidence les lacunes au sein de notre société, dans l’espoir de susciter chez certains le désir de mieux faire.

Faire mieux, pour donner des raisons d’espérer. Aujourd’hui, la hausse du prix de l’essence et des denrées alimentaires, la criminalité, la résistance des réseaux de drogue, les couacs de notre système éducatif et sanitaire sont autant de maux qui font partie du quotidien du Mauricien. Des maux, telles de fausses notes, alors que résonnera le Glory to thee.

Martine Théodore-Lajoie

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