Jardin communautaire de Sainte Anne : Apprendre et gagner en autonomie

Jardin communautaire de Sainte Anne : Apprendre et gagner en autonomie

Le jardin communautaire de Sainte Anne, à Tranquebar, prend forme. Cette initiative, signée Action for Environment Protection (AEP), en collaboration avec Caritas et la communauté de Tranquebar, est née pendant le confinement. Elle est venue souligner le danger de l’insécurité alimentaire et la cherté de la vie liée au conflit russo-ukrainien et à la pandémie. Ginette, Dorina et Claudette travaillent dans le jardin deux fois par semaine et elles expliquent ce que représente ce jardin pour elles et pour la communauté.

Ce sont de vraies battantes qui s’occupent du jardin communautaire de Sainte Anne, Tranquebar. Elles ont chacune leur histoire, leurs motivations, leurs ambitions et c’est en travaillant la terre, en participant à un projet concret, qu’elles se sentent valorisées. Ainsi, à travers le jardin communautaire, elles continuent à grandir et à apprendre.

Munies de leur pioche, elles ne craignent pas le soleil, même s’il peut parfois être brûlant. Prenant leur courage à deux mains, elles nettoient le terrain de Tranquebar, en y enlevant les mauvaises herbes. Mais attention, rien ne va à la poubelle. Tout ira au compostage.

Claudette nous confie d’ailleurs que c’est dans ce jardin qu’elle a appris à manier une pioche pour la première fois. « Zame monn konn servi sa avan, se Ginette kinn pran letan aprann mwa. »

L’importance du terrain

Pour elles, travailler la terre est important et c’est ainsi qu’elles préparent le terrain pour accueillir de nouvelles plantes. Elles ont un rêve : transformer ce lopin de terre qui leur a été confié en un vrai jardin et pouvoir y faire pousser toutes sortes de fruits et légumes. À ce jour, quelques arbres fruitiers ont déjà été mis en terre, notamment la papaye, le limon ou encore le bilimbi.

Ce jardin communautaire a une place particulière dans le cœur de ces femmes. « Kot mwa osi parey, mo plante. Kan mo met lame dan later, mo anvi plant enn zafer, li pou pouse parski mo met boukou lamour dan seki mo pe fer », témoigne Ginette. Ainsi, cet amour, elle le met dans son travail à Tranquebar.

Rodriguaise de souche, planter est inscrit dans ses gènes. Chaque jour, elle se bat contre les aléas de la vie. Son leitmotiv : subvenir aux besoins de ses petits-enfants avant tout, et leur donner une vie décente. « Mo enn fam batant, inpe dan problem, dan lapenn tou sa », affirme-t-elle.

Donner le meilleur

Avec le peu de moyens qu’elle a, elle voit grand pour ses petits-enfants. « Mo le ki zot viv enn lavi normal, ki zot gagn bon ledikasion. Se pour sa ki mo fer bann ti sakrifis pou zot, ek seki mo kapav. »

L’AEP compte sur les financements pour pouvoir donner à ces femmes au moins le salaire minimum. Entre-temps, le salaire qu’elles reçoivent leur permet de régler une ou deux factures. « Ena lalimier ek delo pou peye e lavi pe vinn ser. » Elles sont conscientes de l’importance de devoir se nourrir de la terre face à la cherté de la vie. « Ek enn ti pie pima lakaz, sa evit nou al aste pima dan bazar. So pri inn tro monte. »

Dorina attend beaucoup de ce jardin communautaire. Pour elle, apprendre avec Ginette et l’AEP lui donnera l’occasion d’approfondir ses connaissances pour gagner en autonomie. Elle n’a qu’une envie : pouvoir planter chez elle, vendre ses légumes, et ainsi faire fleurir le business. « Mo mari finn toultan ankouraz mwa larg lame dan plantasion ek al vann mo legim. Mwa mo kone mo pa ti ena ase konesans. Zordi mo pe travay dan zardin pou mo kapav, enn zour, bat mo prop lezel. Se enn sirpriz ki mo pe fer mo mari. Mo espere ki li pou kontan », témoigne Dorina. Cette dernière se donne aussi pour ses enfants, car, comme Ginette, elle veut donner le meilleur à sa famille.

Pour la communauté et les familles

Claudette, à la retraite depuis un an, est la secrétaire de la Caritas de la localité. Elle aide à gérer la partie administrative du jardin communautaire, mais tient aussi la pioche de temps en temps. « Mo pa anvi deboute kouma sef, get bannla travay, donn lord. Mwasi mo ena mo plas avek zot. Mo pe aprann, kouma zot, parski mo kone ki sa travay-la, li pou fer dibien bann dimounn lakominote Tranquebar. »

Elle voit comment Dorina et Ginette se donnent à fond pour faire avancer le jardin et se dit admirative du travail accompli. Claudette apprend d’elles et reproduit les bons gestes appris sur le terrain, chez elle.

Elle dit d’ailleurs que ce projet de jardin communautaire porte déjà du fruit parce que la paroisse est sensibilisée, ainsi que les familles. Le jardin, selon elle, sera un avantage pour la communauté parce qu’elle pourra consommer des produits frais, « kot pena pwazon ».

Aider le jardin communautaire de Sainte Anne, Tranquebar

Le jardin communautaire a besoin de vous ! Faute de moyens financiers, l’AEP récolte des fonds pour aménager un espace pour l’apiculture, l’aquaponie, le compostage et le potager. À ce jour, le terrassement du terrain, un petit verger et un système de récupération d’eau de pluie ont pu être réalisés grâce à l’assistance d’Aide aux Églises d’Afrique. L’AEP souhaiterait aussi rémunérer les personnes qui travaillent dans le jardin en leur donnant le salaire minimum. L’objectif étant de pouvoir employer 10 personnes qui s’occuperont d’entretenir les lieux et de vendre les légumes.

Pour aider : faites un don à travers la plateforme crowdfunding.mu. Le don peut aussi être anonyme.

Anaïs Rock

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