Culture normalisée

Culture normalisée

Notre dossier de cette semaine est consacré au monde du travail. En particulier à celui des artistes et de l’entertainment. Un secteur important, porteur de gagne-pain pour ceux qui s’y exercent, de loisirs pour ceux qui en consomment, de porte drapeau pour notre tourisme. Mais, hélas, relégué au dernier rang dans les méandres d’un ministère pour qui, souvent, la Culture se confond avec la religion.

L’invité du dossier est Allan Marimootoo. 50 ans à rouler sa bosse, ici et ailleurs, dans le domaine musical. Nous relevons trois points de son entretien avec Yanick Bazile. D’abord, «  notre incapacité à reconstruire sur l’héritage des autres ». Ensuite,  ce besoin de « tout écraser et repartir à zéro ». L’absence, aussi, d’écoute qui empêche de comprendre, de se comprendre et de tendre vers l’harmonisation. Les dysfonctionnements découlant d’une politique rigoriste de The right man at the right place.  «  À Maurice, il n’y a jamais les personnes de compétence à la bonne place et ceux qui occupent des places qu’ils ne méritent pas, ne se sentent même pas gênés. »

Si l’artiste se prononce sur le domaine qui lui est propre – le monde de la musique et du spectacle – certains des propos plus haut trouvent aussi une résonnance dans une réalité plus large. Celle de notre pays et de sa gestion. En traversant le temps et les diverses alliances politiques dirigeantes, la culture est devenue une culture normalisée. Et qui, amalgamée à d’autres travers, surchauffent le tempo collectif et finit par déboucher en crise et son corollaire qu’est la violence.

D’ailleurs, il y a beaucoup de ça dans ce que nous avons vécu en fin de semaine dernière. Cette propension à croire que l’on détient le savoir et la vérité et que l’autre n’a qu’à se cantonner au rôle de paillasson. Il y a cette absence d’humilité qui empêche d’être habité par le fait que l’autre peut apporter du positif… même si ce positif est difficile à entendre. Il y a cette incapacité à enfiler les chaussures de l’autre et en ressortir les morsures aux pieds. Il y a cette politique du mo bann, au détriment de la méritocratie et du bien commun… un bien commun garant de notre paix sociale.

Danièle Babooram

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