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MIRELLA RASSOU

« ACCOMPAGNER LA VIE »

Apprivoiser la mort par l’amour et la présence

Parler de la mort pour mieux comprendre la vie : c’est l’une des grandes intentions qui traversent Accompagner la vie, le livre de Mirella Rassou, nourri par plusieurs années d’expérience dans l’accompagnement, la formation et le vécu personnel. L’ouvrage sera présenté et dédicacé le jeudi 10 septembre à 18h30 au Centre Mary Ward. Il sera disponible auprès des réseaux catholiques au prix de Rs 275.

Pour Mirella Rassou, « c’est une transmis sion », explique-t-elle. Après plusieurs années d’expérience professionnelle, elle a ressenti le besoin de laisser un héritage aux personnes confrontées à la maladie grave, à la fin de vie ou au décès d’un être cher. Son objectif est d’offrir des outils concrets à ceux qui ne savent pas toujours comment réagir, ni comment accompagner un proche dans ces moments particulièrement éprouvants. Le livre se veut ainsi un véritable compa gnon. Il ne s’agit pas seulement de parler de la mort, mais d’aider chacun à trouver une manière d’être présent auprès de celui ou celle qui traverse cette étape. Car, selon Mirella Rassou, « on n’accompagne pas la mort », on accompagne une personne vivante jusqu’à son dernier souffle. L’une des principales réflexions développées par l’auteure est celle de la mort considérée comme un passage, une vision qu’elle rap proche de la naissance. Son expérience de sage-femme lui a permis de faire ce paral lèle entre l’accouchement et la fin de vie. Elle évoque notamment les travaux de plusieurs auteurs qui l’ont inspirée dans sa réflexion sur la mort et le deuil. Mais au-delà des lectures et des formations, ce sont surtout ses expériences de vie qui ont façonné sa compréhension du sujet. « Chaque naissance est différente », souligne t-elle, et il en va de même pour chaque mort. Soucieuse des autres depuis son plus jeune âge et engagée dans la Communauté Lazare et l’accompagnement spirituel, ce livre est le témoignage d’un vécu offert à son prochain.

Certaines personnes semblent partir avec davantage de sérénité, tandis que d’autres connaissent un chemin plus difficile. De la même manière, le deuil est propre à chacun veut offrir des outils concrets. il n’existe pas une seule façon de vivre la perte d’un proche. Cette approche conduit l’auteure à défendre l’importance de parler de la mort. Si celle-ci demeure un sujet difficile, voire tabou dans la société, c’est notamment parce qu’elle suscite la peur. « Pourquoi a-t-on peur ? Parce qu’on ne sait pas ce qu’il va advenir de nous », résume-t-elle. Au cœur de l’accompagnement proposé par Mirella se trouve une notion essentielle : la pré sence aimante. Face à une personne malade ou en fin de vie, il ne suffit pas de multiplier les actions. Il faut savoir s’arrêter, écouter et offrir une attention sincère et profonde. « Tout d’abord, il faut écouter la personne », insiste-t-elle. Elle invite ainsi à passer du « faire » à « l’être ». Dans le quotidien, l’accompagnateur peut être tenté d’agir, de chercher des solutions ou de vouloir soulager à tout prix. Mais accompagner, c’est offrir une présence bienveillante et silencieuse. Un ouvrage qui remet les choses en perspective. Cette attitude implique d’accueillir les peurs, les émotions et les angoisses de l’autre sans jugement ni critique. L’accompagnateur devient alors une forme de soutien, une « béquille » permettant à la personne de progresser pas à pas sur ce chemin difficile. La confidentialité et la confiance sont tout aussi essentielles : certains ressentis ou confidences ne peuvent pas toujours être partagés avec la famille, et l’accom pagnateur doit offrir un espace où la parole peut se libérer en toute sécurité.

Mirella Rassou insiste également sur le respect de la personne accompagnée. Pour illustrer cette attitude, elle fait réfé rence à une image biblique : celle de Moïse invité à retirer ses sandales de vant une terre considérée comme sainte. Pour elle, chaque personne est « une terre sacrée ». Entrer dans la vie de quelqu’un qui souffre exige donc humilité et respect : il faut, symboliquement, « retirer ses souliers » avant d’entrer dans son intimité. Cette attitude de respect s’applique bien au-delà du cercle familial. Si l’ouvrage s’adresse aux proches, il a été spéciale ment écrit pour les bénévoles et toute personne confrontée à la maladie, au deuil ou à la fin de vie. Mirella Rassou sou haite offrir à chacun des clés pour mieux comprendre ce qu’il traverse et pour apprendre à accompagner avec davantage de justesse. Si le deuil est un chemin douloureux, Mirella refuse de le réduire à la souffrance. Elle le décrit comme un passage obligé vers une nouvelle étape de l’existence. La perte d’un proche peut donner l’impression d’emprunter « un chemin étroit qui fait mal ». Mais au-delà de ce chemin, affirme-t-elle, demeurent la vie, l’espérance, la joie et la sérénité. C’est aussi le message qu’elle souhaite transmettre : même après des épreuves extrêmement difficiles, l’être humain possède en lui des ressources qui peuvent lui permettre de retrouver progressi vement un chemin de vie apaisé. En conclusion d’Accompagner la vie, Mirella Ras sou lance une invitation à « développer son être » : développer l’amour, la compassion et la capaci té de se faire véritablement présent à l’autre. Le titre du livre résume finalement cette philosophie : il ne s’agit pas d’accompagner la mort, mais bien la vie, jusqu’au dernier souffle. La personne demeure vivante, avec ses valeurs, sa dignité et son histoire, jusqu’au moment du passage. EL & JB

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