FOI & SPIRITUALITÉ

29e dimanche du temps ordinaire : Que doit-on rendre à Dieu ?

Diacre Jean-François Tonta

Jésus nous invite à assumer nos devoirs civiques et terrestres, tout en gardant à l’esprit que notre appartenance ultime est à Dieu. Il nous libère en montrant qu’il est possible de vivre dans le monde sans s’y soumettre aveuglément.

« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Voici une des formules de Jésus les plus connues par les chrétiens, et plus largement, qui est passée dans la sagesse. Il ne faut pas cependant se laisser aveugler par ce qui peut apparaître comme un dicton facile à retenir. Notons tout d’abord les intentions malhonnêtes des pharisiens.

La personne humaine qui est marquée dès l’origine par l’image de Dieu a vocation à retourner vers Dieu.

Dans leur logique, Jésus est pris au piège, quoi qu’il dise. Jésus, connaissant leur méchanceté, leur demande d’apporter une pièce de denier romain. Une fois de plus, Jésus a renvoyé ces interlocuteurs à eux-mêmes, et en voyant leur propre incohérence, ils restent muets.

Tout pourrait s’arrêter là, mais la bonté de Jésus ne se satisfait jamais de simplement fer mer la bouche à ses ennemis. Ce qui lui importe davantage, c’est d’ouvrir l’esprit de ses contemporains à la lumière de la vérité. Il aurait pu se contenter du « rendez à César ce qui est à César », mais il va plus loin en nommant Dieu. Il veut faire réfléchir ses interlocuteurs sur la dimension cachée, spirituelle de sa réponse. Pour répondre aux pharisiens, Jésus leur a demandé une pièce, et il a posé la question de savoir de qui est l’effigie de cette pièce.

En reconnaissant l’image de l’autorité suprême de l’empire, les Juifs reconnaissaient une certaine soumission au pouvoir politique en place. Mais en posant la question de l’image qui figure sur la pièce, Jésus nous invite à penser à une autre image. S’il faut rendre à César ce qui porte l’image de César, que doit-on rendre à Dieu ? Les pharisiens se posent des questions sur l’argent, mais la question la plus importante ne concerne-t-elle pas d’abord l’homme ? Si l’argent qui porte la marque de l’autorité politique retourne légitimement vers cette autorité en payant l’impôt, la personne humaine qui est marquée dès l’origine par l’image de Dieu a vocation à retourner vers Dieu.

Ce retour vers celui qui a marqué notre cœur de son image ne se réalise pas seulement à la fin de notre vie, car nous sommes invités à reconnaître la présence et l’autorité de Dieu au quotidien. En répondant aux pharisiens « rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu », Jésus les invitait à réfléchir à la manière dont ils organisaient leur vie.

Les pharisiens posent une question sur l’impôt dû aux Romains, et encore une fois, ils ne se posent que des questions qui concerne l’extérieur de leur vie. Jésus leur rappelle l’essentiel, en s’appuyant sur les évidences de la vie courante. Mais comment participons-nous aux relations spirituelles qui nous lient à celui dont nous portons l’image pour dire avec saint Augustin : « Je suis à toi Seigneur, et mon cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi. » Amen.

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